Editos INFOS CP

infos CP : octobre 2018

Depuis 2007, les Églises chrétiennes d’Europe célèbrent en septembre le temps de la création (voir Édito d’Infos CP septembre 2018 de Christian Krieger). Le 8 septembre était la « journée mondiale d’action pour le climat », qui selon les observateurs, a suscité en France la plus grande manifestation pour le climat jamais organisée dans l’Hexagone. La prise de conscience de l’« urgence climatique », avec son cortège de catastrophes naturelles et d’injustices croissantes pour l’accès aux ressources de la planète, gabegie pour les uns, misère pour les autres, affecte de plus en plus nos consciences et nous invite à une véritable conversion collective de nos modes de vie.

Dans notre « pré carré » alsacien, cet enjeu se traduit de manière aigüe par la « crise du GCO ». Confrontés à une situation concrète, des paroisses, avec leurs conseils et leurs pasteurs, se sont mobilisés contre cet équipement. Je suis interpelé à ce sujet par des membres de notre Église, des élus, des responsables économiques : est-ce le rôle des pasteurs et des paroisses que d’intervenir dans ce type de débat ? Je réponds : oui, bien sûr ! Si les déclarations d’intention de nos assemblées et nos labels « Église verte » ne sont pas que du « verdissage » (en anglais greenwashing) pour notre « marketing ecclésial », alors il arrive que dans des situations concrètes il faille « se mouiller » et prendre quelques risques ! Je ne sais pas si Dieu est pour ou contre le GCO (bien que j’aie ma petite idée sur la question !) et il ne nous appartient pas de le convoquer, même pour des causes que nous croyons justes (l’histoire nous a montré à quel point cela pouvait être dangereux !). Mais Jésus a prêché la justice et la paix pour ici et maintenant, et c’est notamment pour des raisons politiques qu’il a été crucifié. À cause de l’Évangile, nous avons donc le droit, et même le devoir d’interpeller les pouvoirs publics sur des situations d’injustice, sur le sort des réfugiés ou sur la manière dont est prise en compte la crise écologique que nous vivons.
Je suis allé à Kolbsheim rencontrer les pasteurs et la poignée de ZADistes. J’y ai trouvé des personnes, notamment la vice-présidente du Conseil presbytéral, choquées profondément par ce qu’elles avaient vécu et la violence déployée envers des personnes pacifiques. La gestion du dossier du GCO est à ce titre très problématique : la manière dont les décisions ont été prises et mises en œuvre, sans tenir compte de toutes les consultations et avis défavorables, donne l’impression que ces enquêtes ne sont que de pure forme, pour une décision déjà prise par avance. Cela met en cause la confiance dans la démocratie représentative : j’en veux pour preuve le fait inquiétant que des manifestants du 8 septembre ont déchiré leur carte d’électeur.

Celles et ceux qui critiquent le projet – experts environnementaux, élus locaux, responsables associatifs ou représentants des cultes – ne sont pas tous des illuminés irresponsables. Et je peux témoigner du fait que les pasteur(e)s qui se sont impliqué(e)s dans ce débat le font aussi dans le cadre de leur responsabilité pastorale d’accompagnement de leurs communautés et des personnes engagées sur le terrain. Ils et elles ont ainsi contribué, comme je les y ai rendu attentifs, au caractère pacifique des manifestations et à l’évitement des débordements violents.

Certes, les ZADistes sont des utopistes, qui rêvent d’un monde radicalement autre. Ils sont sensibles au fait que des chrétiens les accompagnent au nom de leur foi. Ils m’ont rassuré sur le fait que dans notre monde de réalités impitoyables il soit encore permis de rêver.

Christian Albecker, président de l’UEPAL
 

infos CP : septembre 2018

La rentrée, un temps pour la Création

Pour les chrétiens rentrée rime désormais avec « temps pour la Création ». Quelle que soit leur confession, luthérienne, réformée, catholique, orthodoxe, anglicane, la période de la rentrée scolaire est désormais associée à un moment particulier, à un temps dédié à la thématique de la Création. L’origine de cette idée revient au patriarche Dimitrios 1er de Constantinople qui en 1989 a proclamé le 1er septembre « jour de prière pour la Création » pour les Églises orthodoxes. Ce geste précurseur s’inscrit dans le contexte des réflexions alors menées par le Conseil Œcuménique des Églises et le premier rassemblement œcuménique européen de Bâle « Paix, justice, sauvegarde de la Création » dont l’intuition principale était justement que la paix n’est pas possible sans justice, et la justice n’est pas accessible sans la sauvegarde de la Création. Progressivement les Églises de par le monde, l’Église luthérienne d’Australie en 2000, les évêques catholiques des Philippines en 2003, se sont emparés de cette thématique et ont décrété une période dédiée à la thématique de la Création et de sa sauvegarde. Le troisième rassemblement œcuménique européen de Sibiu en 2007 a définitivement dédié la période allant du 1er septembre au 4 octobre (jour de la Saint-François) comme « saison de la Création ». L’urgence climatique croissante et l’encyclique papale Laudato Si de 2015 ont fini par sanctuariser le concept.

Et voici donc qu’en 2018, les 31 août et 1er septembre à Assise, pour la première fois, une célébration œcuménique européenne inaugure la saison de la Création. Ce temps pour la Création s’articule autour de cinq axes :

  • la célébration commune du Dieu Créateur,
  • l’expression commune de notre gratitude pour Sa grâce et pour le don de toute vie,
  • l’expression devant Dieu de notre repentance face à la surexploitation des ressources naturelles et la défiguration de notre environnement,
  • la prise de conscience de notre responsabilité envers tous les humains et envers toute la Création,
  • l’engagement à agir ensemble pour la sauvegarde de la Création et le développement durable.

Dans la déclaration proclamée lors du lancement de la Saison de la Création 2018, les Églises et ONG chrétiennes affirment « notre appel inébranlable en faveur de la justice climatique continue d’être une priorité importante. Nous croyons que Dieu nous a appelés à de justes relations les uns avec les autres et avec la Terre. Nous reconnaissons que la crise actuelle est due au fait que nous n'avons pas répondu à l'appel de Dieu à aimer la création et les autres et que nous avons plutôt cherché à nous intéresser à nous-mêmes. Nous cherchons à retourner au Dieu de la vie et à entendre le gémissement de toute la création qui cherche la rédemption (Romains 8 : 19-21). ».

Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL
 

Infos CP : juillet 2018

Au moment où j’écris ces lignes, la France retient son souffle à quelques heures du match décisif contre la Belgique qui décidera si notre pays accèdera à la finale de la coupe du monde de football. Faut-il à cette occasion déplorer la concurrence « religieuse » d’un sport qui draine les foules dans une ferveur que nous aimerions voir orientée vers d’autres causes ? Faut-il récuser la superstition de ces joueurs qui mêlent le ciel, par des signes explicites, à leur réussite d’un instant ? Constater l’éternel penchant de l’être humain à rechercher « du pain et des jeux » plutôt que la solution des vrais problèmes ? Dénoncer la toute-puissance de l’argent roi et la récupération politique de ce genre de manifestation ? Oui sans doute.

Et pourtant, comment ne pas être sensible au plaisir simple de voir l’humanité communier dans un événement qui met entre parenthèses la dure réalité de notre monde ? Cette coupe du monde agit un peu comme une récréation mondiale dont l’humanité aurait besoin pour respirer et s’accorder un temps de légèreté et d’insouciance. Nous le savons : les vrais problèmes demeurent et, la coupe du monde terminée, seul le courage et la lucidité permettront de faire face aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Mais ne boudons pas notre plaisir devant cette joute symbolique, parabole d’une humanité qui confronte pacifiquement ses différences, en sachant que, hier comme aujourd’hui, nous n’avons d’autre chemin à proposer, en tant que chrétiens, que celui de la foi, de l’espérance et de l’amour.


La réalité de notre monde reste évidemment préoccupante, avec la division de l’Europe sur la question des migrants, sans doute à la fois cause et conséquence de la montée des populismes. Revenant en ce début juillet du Conseil de la Fédération luthérienne mondiale à Genève, je suis frappé par le kaléidoscope que représente cette communion de 148 Églises présentes dans une centaine de pays, représentative des tensions entre le nord et le sud, dans ses inégalités économiques et financières génératrices de flux migratoires, et dans ses conceptions éthiques, sociales ou politiques quelquefois antagonistes. J’ai été heureux de constater que l’Évangile constitue un lien puissant capable de faire de nous des sœurs et des frères au-delà de ces tensions. Fier aussi de savoir que la FLM accompagne, à travers son service d’aide humanitaire, plus de 2,7 millions de personnes déplacées, dont 1,3 million de réfugiés à travers le monde, et qu’elle gère à Jérusalem l’hôpital Augusta Victoria, qui soigne Israéliens, Palestiniens et Gazaouis. Signes de paix dans un monde de violence, qui illustre bien le thème qui a sous-tendu nos travaux pour les cultes et les études bibliques : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Matthieu 10, 8).


En ce début de pause estivale, je nous souhaite à toutes et à tous de reprendre conscience de tout ce que nous avons reçu gratuitement et qui constitue notre vie. Peut-être est-ce là l’une des caractéristiques de la foi chrétienne : la prise de conscience que notre vie et un don, et non un dû. Rendre grâce à Dieu et nous émerveiller de ce don nous rend alors capable de donner à notre tour.


Bel été à toutes et à tous !


Christian Albecker, président de l’UEPAL
 

Infos CP : juin 2018

Impressions de Novi sad

« Vous serez mes témoins ! » Tel a été le thème de l’Assemblée générale de la Conférence des Eglises européennes (ou Conference of European Churches, CEC) qui s’est tenue du 31 mai au 6 juin à Novi Sad en Serbie. La CEC rassemble aujourd’hui 116 Eglises d’une grande diversité, qui plus est à multiple facettes : une diversité confessionnelle avec des Eglises protestantes réformées, luthériennes, baptistes et méthodistes, anglicanes, orthodoxes, vieille catholiques ; des Eglises majoritaires et minoritaires ; des Eglises fortes comptant leurs membres en million et des petites Eglises affichant à peine quelques milliers, voire centaines de membres. Des Eglises qui portent dans leur manière de penser et de déployer leur témoignage à l’Evangile la marque de leur ancrage culturel et historique. Des Eglises qui reflètent toute la diversité de ce vaste espace européen allant d’Islande à Chypre et de la Finlande au Portugal, sans oublier l’Eglise protestante en Russie.

Par-delà les multiples facettes de cette diversité, et conscientes des écarts, voire des séparations, qu’induisent leurs compréhensions respectives de l’Evangile, notamment sur le plan ecclésiologique, ces Eglises affirment clairement leur attachement à cet instrument commun qu’est pour elles la CEC. Toutes sont confrontées, quoi que différemment, à la question de la sécularisation et ressentent comme une nécessité de mieux appréhender le témoignage de l’Evangile. Et pour elles, la CEC est à la fois l’outil qui doit construire, renforcer et approfondir leurs liens et donc la communauté des Eglises, et le support de leur témoignage commun en Europe et pour l’Europe. Fondée en 1959 pour développer la solidarité ecclésiale entre l’est et l’ouest, la CEC est comme génétiquement marquée par la volonté de contribuer à la réconciliation des peuples et ainsi à la paix et la justice (parce qu’il n’y a pas de paix sans justice). L’expression “bridge building” (construire des ponts) y résonne régulièrement comme un mot d’ordre. Aussi la CEC et ses Eglises membres se sentent très concernées par l’évolution du projet européen qui, longtemps considéré comme la solution, est maintenant regardé comme le problème. Les questions de l’euroscepticisme, la montée des populismes, la justice sociale, l’accueil digne des réfugiés, mais aussi les défis globaux qui nécessitent une réponse commune, comme la justice climatique, le terrorisme, les questions bioéthiques… sont donc nécessairement au cœur du travail de la CEC.

Le thème « Vous serez mes témoins ! » a été décliné autour de trois thématiques « hospitalité », « justice », « espérance ». Il ressort des échanges et des débats que la question du témoignage est abordée diversement. Les uns le conçoivent principalement comme la proclamation de l’Evangile visant à susciter la foi. D’autres privilégient la célébration de la sainte liturgie pour attester la présence d’Eglise. D’autres encore comprennent l’appel à être témoin comme le service à rendre à chaque être humain, notamment aux nécessiteux. D’autres encore comprennent le témoignage comme l’appel à être porteur d’une parole prophétique dans la société. Antje Jackelén, Archévêque d’Uppsala, a développé une compréhension du témoignage autour de cinq axes : contribuer au débat public, construire des relations de confiance, relever le défi de l’injustice, découvrir des signes d’espérance, relever les nécessiteux.

Je reste personnellement très marqué par le témoignage apporté par l’Eglise protestante de Grèce, une très petite Eglise qui, confrontée à l’arrivée de réfugiés sur le sol grec, s’est laissé interpeller par la présence de femmes, d’enfants et d’hommes en quête d’accueil. Au lieu de réfléchir à ce que leurs moyens et ressources permettaient de produire, cette Eglise s’est attelée à la tâche, et de fil en aiguille, pas après pas, question après question, a livré un merveilleux témoignage chrétien, bien au-delà de son propre potentiel. Belle leçon pour toutes celles et tous ceux qui se meuvent dans leur zone de confort.

Christian Krieger, vice-président de l'UEPAL

INFOS CP : MAI 2018

En ce mois de mai, les chrétiens fêtent la Pentecôte, célébration à la fois de l’Esprit Saint, du « souffle saint », et de la naissance de l’Église. Ce rapprochement entre la fête de l’Esprit Saint et celle de l’Église n’est pas fortuit. Dans le Premier Testament, « Shavouot », 50 jours après la Pâque juive « pessah », était la fête des récoltes devenue progressivement la fête du souvenir de la transmission des Tables de la Loi à Moïse, c’est-à-dire la célébration de l’Alliance de Dieu avec son peuple. A ce premier glissement de sens (les vrais fruits sont ceux du respect de la Loi), les chrétiens en ont ajouté un second, faisant de la Pentecôte la fête de la nouvelle alliance de Dieu avec la communauté des baptisés, l’Église. Mais ce qui est surtout nouveau, c’est d’associer à cette naissance la présence-même de l’Esprit, le « rouah », le « souffle saint » du Premier Testament. Cela veut dire en clair pour les chrétiens : « c’est désormais à travers vous, à travers vos actes et vos témoignages que Dieu est présent dans le monde ». Conséquence ultime de l’incarnation en Jésus-Christ, Dieu n’est plus l’Être supranaturel qui tire les ficelles du monde et du destin, il est présent dans le monde à travers vous dans la mesure où vous faites place à son Esprit.

Vaste programme ! Il est sans doute assez simple (quoi que !) de cultiver sa piété personnelle par la prière, la fréquentation des Écritures, la participation au culte… et tout cela est indispensable pour nourrir notre foi. Mais il est certainement beaucoup plus difficile de vivre notre foi en étant conscients que nous sommes les « vases d’argile » qui portent la présence de Dieu dans le monde. Notre vocation c’est d’être ou de devenir des « Christoforos », des porteurs ou des passeurs du Christ, sans confondre nos propres projets, fantasmes ou militances avec le message de l’Évangile. Nous sommes confrontés à cette double et difficile exigence de traduire la Bonne Nouvelle de l’Alliance de Dieu avec tous les hommes dans des actes et des engagements concrets, et de ne pas confondre ceux-ci avec la volonté de Dieu. Cela s’appelle le discernement et l’humilité. Les occasions de témoigner de la justice et de l’amour de Dieu pour le monde sont innombrables : elles vont de la solidarité sociale (pensons aux grèves actuelles) à la solidarité environnementale (voir les débats autour du GCO) et à l’engagement politique (vigilance vis-à-vis des extrémismes et autres nationalismes) sans oublier l’accueil des réfugiés, la présence auprès des plus faibles, malades, personnes âgées ou handicapées, … La spécificité chrétienne est de ne jamais concevoir ces engagements autrement que comme des signes de la présence de Dieu, et de ne pas les absolutiser.

Que Pentecôte nous invite à être toujours plus des hommes et des femmes responsables, et des chrétiens pleinement engagés, dans la conscience que ce n’est pas de nous que dépend le salut du monde et la venue du Royaume, mais que nous devons en manifester les signes.

Christian Albecker, président de l’UEPAL
 

infos CP : mars 2018

« J'en prends aujourd'hui à témoin le ciel et la terre : j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité ! » Deutéronome 30, 19
L’antique interpellation biblique est plus actuelle que jamais et nous situe en êtres responsables, capables de faire des choix : si le monde va mal, si la planète est exténuée par notre surexploitation, si les guerres et la violence sévissent, si notre Europe politique est mal en point, ce n’est pas le résultat d’une obscure fatalité, c’est parce que nous faisons ou avons fait des choix, ou laissons d’autres les faire pour nous. Mais les choix sont difficiles, la complexité et l’enchevêtrement des problèmes sont tels que les choses sont rarement aussi simples que de choisir entre A et B, blanc ou noir, vie ou mort… Et quand bien-même nous serions lucides ou chercherions à nous informer le mieux possible sur les données des problèmes auxquels nous devons faire face, notre volonté est entachée par l’incapacité à faire le bien : « Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi : j'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. » Romains 7, 18-19. L’invitation du Deutéronome à choisir la vie se heurte donc à notre incapacité à vouloir et à faire le bien.
Mais c’est là la nouveauté radicale apportée par le Christ : le « ou/ou » est dépassé par le « et/et ». Le chemin que Jésus nous propose n’est pas binaire pur/impur ou bien/mal (autrement dit ce n’est pas un chemin dont le critère est la moralité ou l’accomplissement de « bonnes œuvres »). Le chemin qu’il nous propose est une « suivance » (« Nachfolge » en allemand) où le bien et le mal, le pur et l’impur, le bon grain et l’ivraie (la zizanie en grec !) s’enchevêtrent, mais un chemin où la vie nous est donnée, plutôt que nous ne la choisissons. Ce don gratuit est celui du matin de Pâques : c’est parce que Jésus a refusé la logique implacable du dualisme bien/mal, pur/impur, parce qu’il a toujours placé ses interlocuteurs devant leurs propres contradictions, parce qu’il a accepté d’affronter la mort, que la vie lui a été donnée et nous est donnée avec lui.
Sommes-nous pour autant déresponsabilisés ? C’est quelquefois la critique que l’on entend : le message de la vie offerte gratuitement par Dieu, le pardon et la grâce seraient des pommades faciles sur les plaies ouvertes de l’humanité. « La grâce facile » qui ferme les yeux sur le mal scandalisait déjà Dietrich Bonhoeffer, dont nous fêtons ce 9 avril le 73ème anniversaire de la mort. Le prix de la grâce, c’est la croix du vendredi saint : le Christ l’a portée, mais nous devons la porter avec lui, accepter nos morts pour accéder avec lui à la vie. Promis à la vie, nous pouvons affronter la mort, quelle que soit son nom : maladie, deuil, violence. Et agir pour la vie, non comme des purs qui savent, mais comme des humbles qui cherchent, et dont les paroles et les actes témoignent de la vie offerte en Christ.
Belles fêtes de Pâques à toutes et à tous !

Christian Albecker, président de l’UEPAL
 

infos CP : février 2018

En ce mois de février nos paroisses s’apprêtent à renouveler leurs conseils presbytéraux. Cette étape importante de la vie de nos Églises pose immanquablement la question de la vitalité du protestantisme alsacien et mosellan. Se trouvera-t-il le nombre de candidats nécessaires ? Faut-il procéder à une opération vérité et réviser le fichier paroissial pour le recentrer sur les personnes qui manifestent d’une manière ou d’une autre un attachement à l’Église ? Peut-on fonctionner avec un conseil presbytéral incomplet ? Ne faudrait-il pas réviser plus globalement l’organisation de la vie ecclésiale pour l’adapter aux réalités sociologiques actuelles ?

Force est de constater que ces élections sont un indicateur de la vitalité de notre protestantisme, mais aussi que ce dernier présente un visage très disparate. Si certains connaissent le difficile sentiment de voir filer comme le sable dans la main ce qui n’est plus, d’autres se réjouissent d’une vie d’Église qui sait tracer une voie dans ce monde en profonde mutation, d’un projet de paroisse qui a visiblement su se renouveler pour répondre aux attentes religieuses contemporaines.

Alors que nos vies se densifient de mille choses qui nous occupent, et souvent nous préoccupent, et que nos existences démultiplient l’horizon des découvertes et des rencontres, des projets et des rêves, sans compter les défis sociaux, économiques, environnementaux qui mobilisent notre solidarité ainsi que notre militance, la question religieuse n’est souvent plus qu’un élément parmi d’autres. Si la spiritualité et la quête de sens s’imposent à l’occasion d’une naissance, d’une maladie ou d’un deuil, pour beaucoup elles demeurent habituellement plus discrètes dans le rythme effréné de la vie.

Être élu conseiller presbytéral aujourd’hui, c’est bien sûr accepter d’entrer dans un comité qui porte la responsabilité de la gestion matérielle et spirituelle d’une présence d’Église en un lieu donné – y compris avec tout le poids de l’héritage légué par cette histoire à laquelle nous sommes tant attachés. Toutefois, au regard des mutations évoquées, une Église qui se dit protestante ne peut pas se contenter de répéter un modèle de projet de paroisse hérité, sans travailler en permanence deux questions « quelles sont les attentes religieuses contemporaines » et « comment entrent-elle en résonnance avec le message libérateur de l’Évangile ». Être élu conseiller, c’est avant tout accepter d’entrer dans la perspective de travailler avec assiduité ce double questionnement.

Il y a bien sûr des tâches qui n’attendent pas quand il faut créer un secteur, régler une urgence financière, trouver un nouveau pasteur… Mais, et nous l’avons abondamment rappelé en 2017, la vérité en protestantisme n’est pas structurelle, elle est de l’ordre de la parole, de cette parole qui fonde l’Église, en la faisant surgir là où elle résonne dans les cœurs et interpelle les esprits.

Le mot d’ordre du mois de février proclame la proximité de cette parole avec tout un chacun*. Et ce faisant, il énonce une promesse qui ouvre, aussi pour ceux qui acceptent de s’engager pour l’Évangile, un espace de confiance, voire d’espérance si le chemin devait s’avérer plus rude.

* « La parole est toute proche de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, pour que tu la mettes en pratique. » DT 30.14

 

Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL
 

INFOS CP : JANVIER 2018

« À celui qui a soif, je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement. » Apocalypse 21,6

Le mot d’ordre qui nous est donné pour 2018 évoque l’environnement du Moyen-Orient, où la présence du désert fait de l’eau une ressource vitale. Cette thématique de la soif, de la source et de l’eau vive se retrouve en effet assez fréquemment dans la Bible, tant dans le premier que dans le nouveau Testament. Deux exemples parmi beaucoup d’autres : « Voici, je me tiendrai devant toi sur le rocher d’Horeb. Tu frapperas le rocher, et il en sortira de l'eau, et le peuple boira » (Exode 17,6) ou « Le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s’écria : ‘Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive.’ » (Jean 7,37). Assez curieusement, notre mot d’ordre 2018 se trouve dans l’Apocalypse, dans le chapitre qui décrit la fin des temps, où il y aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre et où Dieu habitera au milieu des hommes dans la Jérusalem nouvelle. Ce texte, l’un des fondements de l’espérance chrétienne, nous décrit ce « grand soir » où le deuil, la souffrance et la mort ne seront plus et où Dieu sera tout en tous. Alors, pourquoi encore parler de soif, de source et d’eau vive ?
Je fais l’hypothèse que le voyant de l’Apocalypse veut nous rappeler précisément que nous ne sommes pas encore dans la nouvelle Jérusalem, qui nous sera donnée par Dieu. Nous sommes encore en route, sur un chemin où nous avons besoin de nous rafraîchir et de renouveler nos forces. Peut-être pouvons-nous aussi comprendre que, même dans le Royaume où toute larme sera effacée, ce ne sera pas un paradis ou un Eden mythique où tous nos besoins seront satisfaits, mais que la vie en plénitude qui nous est promise consistera encore à désirer Dieu, à l’attendre et à le recevoir comme on boit à l’eau de la source.
Peut-être après une année 2017 riche en événements, en célébrations et en projets de tout genre, avons-nous besoin de nous rafraîchir à la source d’eau vive. Face aux échéances du renouvellement de nos conseils presbytéraux, qui se feront dans des contextes quelquefois difficiles, nous sommes pareillement invités à nous recentrer sur l’essentiel, qui est le Christ et l’annonce de l’Évangile. Comme Israël dans le désert, nous murmurons peut-être devant les difficultés. Le mot d’ordre 2018 nous invite à la confiance : Dieu pourvoira !
À vous toutes et tous, dans vos vies personnelles, familiales, professionnelles, dans vos vies paroissiales, locales ou sectorielles, je souhaite que vous soyez animés par la vraie soif qui est de chercher force et rafraîchissement au bon endroit : auprès du Christ vivant et de son Évangile !
Bonne année 2018 !

Christian Albecker
Président de l’UEPAL
 

Infos CP : décembre 2017

L’un des faits marquant de ce premier dimanche de l’Avent, est l’introduction d’un changement, pour le christianisme francophone, dans la récitation du Notre Père. Depuis 1966, catholiques, protestants et orthodoxes en francophonie priaient « ne nous soumets pas à la tentation ». Dorénavant nous allons dire – toujours ensemble – « ne nous laisse pas entrer en tentation ».

L’histoire de l’introduction de ce changement est croustillante. Il tire son origine d’un processus de révision auquel l’Église catholique romaine soumet ses textes liturgiques toutes les deux ou trois décennies. La question qui a occasionné ce changement est de savoir si Dieu est tentateur, s’il préside à la tentation. Or, aujourd’hui, plus que par le passé, les croyants se refusent à envisager une telle compréhension de Dieu.

La Fédération protestante de France avait en son temps été consultée par la Conférence des évêques de France sur l’opportunité d’introduire ce changement. Son président n’avait alors pas saisi l’opportunité d’y réfléchir plus amplement, ni d’associer ses Églises membres à cette consultation. Cela aurait peut-être permis de relever d’autres points discutables où la traduction récitée s’écarte dans sa compréhension contemporaine du texte grec du Nouveau Testament. Cela est notamment le cas du mot Peirasmos, traduit par tentation, et qui signifie à l’origine “épreuve“(1). Pour nous et nos contemporains, le terme « tentation » est davantage lié aux domaines sexuel et alimentaire. Il nous fait plus penser au chocolat et aux autres délices de la table qu’à la difficile traversée d’un temps éprouvant.

Toujours est-il, que l’argument qui prévalut à la décision des Églises protestantes de recommander aux paroisses et lieux d’Église d’utiliser la traduction retenue par les Églises catholiques francophones est d’ordre œcuménique. En récitant une même traduction du Notre Père, nous reconnaissons les chemins de réconciliation parcourus par le mouvement œcuménique depuis le début du XXe siècle et nous affirmons l’importance du lien fondamental qui unit tous les Chrétiens en Jésus-Christ, par-delà leur diversité.

Cette période de l’Avent, offerte pour préparer théologiquement et spirituellement la fête de Noël, nous invite à méditer plus globalement le message de la prière que Jésus a enseigné à ses disciples, notamment en considérant que :

  • Jésus nous enseigne à dire NOUS, et non JE, même dans la chambre la plus retirée, la porte verrouillée ! Dans la prière la plus intime, il nous invite à quitter les particularismes pour toujours et résolument situer notre rencontre avec Dieu dans un horizon universel ;
  • Jésus nous apprend à nous adresser à Dieu comme un Père (littéralement ”papa“), pour découvrir sa proximité dans nos existences et comprendre que Dieu est d’abord à rencontrer, à expérimenter dans un questionnement confiant ;
  • En invoquant celui qui est aux cieux, au-delà de l’atteignable, Jésus nous donne de comprendre que ce Dieu Père est en même temps le tout-Autre qui se tient au-delà de nos compréhensions et de nos discours à son sujet, qu’il est d’abord celui qu’aucune de nos paroles, ces vases d’argiles, ne saurait enclore. Et de ce fait, le Christ nous invite à accueillir humblement les autres compréhensions de Dieu et leurs expressions de foi ;
  • Jésus nous invite à nous ouvrir à la réalité céleste de Dieu, pour en invoquer la pleine réalisation pour nous, notre humanité et notre terre.

Que donc, la récitation de cette prière enseignée par Jésus, invite toute la chrétienté

  • à expérimenter Dieu,
  • à reconnaître son irréductible altérité,
  • à préserver inlassablement la fraternité qui unit tous les enfants de la terre,
  • à espérer ce règne de paix et de justice annoncé et réalisé en Christ.


Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL

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(1) Le terme est notamment utilisé dans le livre de l’Exode pour qualifier l’épreuve que représente la traversée du désert.
 

infos CP : novembre 2017

Que dire d’autre après « Protestants en fête » qu’un immense MERCI ?
Merci à Dieu et aux frères !

  • Merci à Dieu, qui nous a permis de vivre une magnifique fête pour le cœur, les yeux, les oreilles et la tête (les bras et les jambes étaient quelquefois moins à la fête…) et qui nous a préservés de toute violence ou drame qui aurait pu affecter les innombrables visiteurs.
  • Merci aux frères, en particulier au frère Bernard Saettler, le pilote de ce fringant paquebot, à son équipe de copilotes et à toutes celles et ceux qui, bénévolement ou dans le cadre de leur travail, se sont dépensés sans compter, quelquefois jusqu’aux limites de l’épuisement, pour que la fête soit belle.
  • Merci enfin à vous toutes et tous qui êtes venus prier, chanter, écouter, réfléchir, discuter dans un beau climat de fraternité et d’allégresse. Oui, nous sommes nombreux dans la région et bien au-delà à avoir vécu ces trois jours comme un temps de grâce. Pour beaucoup, ce fut un encouragement, l’invitation à persévérer dans leur engagement chrétien ou à repartir avec un nouvel élan !

Un bilan exhaustif sera fait fin novembre par le Conseil d’administration de l’association PEF. Le bilan humain, quantitatif (11 000 personnes inscrites et probablement 3 à 4 000 participants libres) et qualitatif (contenu des manifestation, organisation, …), est clairement positif. Le bilan financier, bien que non définitif à ce stade, sera proche de l’équilibre. L’aventure en valait donc la peine ! Et il convient aussi de mentionner l’écho dans les médias (en particulier dans les médias sociaux, mais aussi dans la presse écrite, la radio et la télévision) et l’accroissement de la visibilité du protestantisme que l’événement aura générés.

Une mention spéciale doit être faite de l’opéra « Luther ou le mendiant de la grâce », qui a été une extraordinaire aventure humaine, artistique et spirituelle. Marquée par la disparition du compositeur Jean-Jacques Werner, elle a été vécue avec un bonheur perceptible par les interprètes, chanteurs et instrumentistes, qui ont porté avec joie des rôles et des partitions difficiles. Là aussi, le succès a été au rendez-vous, avec des représentations à guichet fermé, un public séduit par la qualité de l’œuvre, de son interprétation et de sa mise en scène. Le résultat financier n’est pas encore connu, mais les nombreux soutiens financiers et logistiques dont nous avons bénéficié devraient nous permettre de tenir le budget, et constituent surtout un indicateur de l’intérêt et de la confiance suscités par la démarche.

Maintenant que stress et enthousiasme sont retombés, il nous faut reprendre souffle ! S’il est bienfaisant de nous réjouir et de faire la fête, rappelons-nous que celui qui en est la source est venu dans la pauvreté, le dénuement et la discrétion. Je forme le vœu que le temps de l’Avent qui s’annonce nous permette de nous recentrer sereinement sur ce cœur de l’Évangile.


Christian Albecker, président de l’UEPAL
 

infos CP : octobre 2017

À quelques jours du rendez-vous Protestants en fête à Strasbourg, s’esquisse progressivement les contours d’un bilan 2017 très encourageant. De nombreuses et remarquables manifestations, attestant la créativité et la vitalité des protestants, sont venues ponctuer cette année commémorative.

N’en déplaise à ceux qui croyaient Luther invendable en France en raison d’une historiographie française peu flatteuse pour le réformateur allemand. La figure de Luther suscite un intérêt notoire bien au-delà des cercles protestants. En 2017, l’authenticité de sa quête spirituelle et la profondeur de sa démarche pastorale l’emportent sur les conséquences schismatiques de son action et l’insoutenable violence de certains de ces propos. De toute évidence, en 2017 Luther est une figure qui parle.

N’en déplaise aussi à ceux qui croyaient le slogan « Vivre la fraternité » retenu par la Fédération protestante de France trop banal, trop sociétal et insuffisamment évangélique. La question de la fraternité est au cœur des préoccupations de notre société et de celles des élus de notre pays. Elle pose une exigence éthique au cœur des défis contemporains que sont notamment l’accueil digne des réfugiés, la solidarité collective avec les personnes en marge ou exclues de toute vie sociale, la coexistence respectueuse et pacifique des cultes et des cultures en une société plurielle. De toute évidence, en 2017, les textes bibliques évoquant la destinée parfois tragique de personnages, qui comme Jacob et Esaü sont issus d’une même filiation et confrontés à une fraternité à construire, parle.

Le Colloque “Protestantismes convictions et engagements” organisé par la Fédération protestante de France le 22 septembre dernier à la Mairie de Paris illustre l’engouement que suscitent ces protestants qui célèbrent leurs origines, relisent leur histoire, en assument les erreurs, s’interrogent à la lumière des Écritures, cherchent à penser leur rapport à la culture, continuent à se mobiliser afin d’apporter leur contribution au devenir de la cité. En effet, fait inédit pour la minorité protestante française, l’activité générée par le colloque sur le réseau social twitter a été dans le top 5 national. La presse s’est amplement faite l’échos de l’intervention remarquée du Président de la République, saluant notamment l’esprit critique des protestants qui « a nourri la nation », l’apport de leur foi et leur rôle de « vigie de la république », leur capacité « à faire coexister sous un même toit, dans une foi partagée, des pratiques différentes, des conceptions sociales et morales parfois divergentes. » 1

En attendant de pouvoir faire un bilan plus complet, reste à vivre le grand rendez-vous de la fraternité, Protestant en fête, les 27, 28 et 29 octobre à Strasbourg. Une quinzaine d’expositions, plus d’une vingtaine de concerts, une quarantaine de conférences, une dizaine de spectacles, une demi-douzaine de films, le village des fraternités, le village des médias, la nuit des thèses, l’opéra le mendiant de la grâce, un culte XXL au Zénith, … Tout est prêt, ou presque, pour vivre un mémorable week-end. À vous de vous y inscrire, et d’inviter à s’y inscrire, pour saisir ces nombreuses occasions de rencontrer des protestants en fête. 2
 

Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL

1 Les interventions du Président de la République, de Mme le Maire de Paris et du Président de la Fédération protestante de France sont visibles sur :
http://www.protestants.org/index.php?id=23&tx_ttnews[tt_news]=3986&tx_ttnews[year]=2017&tx_ttnews[month]=09&cHash=c0d1e636e3

2 Inscrivez-vous par internet www.protestantsenfete.org ou directement au point accueil de l’UEPAL,
1b quai Saint-Thomas à Strasbourg (du lundi au jeudi, de 8h à 18h ; le vendredi de 8h à 17h).
Vous avez une question ? Renseignements au 03 88 25 90 00

infos CP : septembre 2017

Aux deux tiers de cette année jubilaire 2017, nous avons déjà vécu de nombreuses et belles rencontres pour dire, vivre et célébrer ce en quoi la Réforme initiée par Martin Luther a profondément renouvelé notre manière de vivre la foi chrétienne et l’Église, et transformé notre vision de la société dans ses dimensions économique, sociale, politique et culturelle. À travers ces événements, l’Esprit a soufflé pour nous redonner confiance et courage, nous faire reprendre conscience de la pertinence du message de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui et nous inviter à en témoigner avec nos convictions protestantes.

Il reste un défi à relever : celui de « Protestants en fête » du 27 au 29 octobre 2017. L’UEPAL s’est engagée à porter cet événement pour le compte de la Fédération protestante de France et de l’ensemble du protestantisme français. Cet engagement nous invite à nous mobiliser massivement en participant à l’événement. Il est donc urgent de vous inscrire et d’encourager les membres de vos paroisses à le faire, en particulier pour être assurés de pouvoir participer au culte et à l’ensemble des animations prévues. Nous ne pouvons que vous recommander de vous inscrire collectivement en regroupant les inscriptions par paroisse ou association.

Nous devons aussi être à la hauteur de l’engagement pris en accueillant nos hôtes dans les meilleures conditions. Nous sommes donc à la recherche de plusieurs centaines de bénévoles, mais aussi d’offres d’hébergement dans l’Eurométropole de Strasbourg pour les participants venus de loin. Pour vous donner un maximum d’informations pratiques sur tous ces points, une Newsletter spécifique vous sera régulièrement transmise par notre service communication.

Au-delà de cet événement, il nous faut nous poser la question de l’« après 2017 » ou plus précisément du sens et de l’importance de l’ « événementiel » dans la vie de l’Église, qui est d’abord caractérisée par l’engagement et la fidélité dans le temps. Théologiquement, ce débat est souvent résumé par les deux termes en tension « Événement et institution ». Traditionnellement, le protestantisme privilégie l’événement – l’irruption de Dieu dans nos vies – par rapport à l’institution ecclésiale, toujours soupçonnée d’être conservatrice et de vouloir normer, contrôler, canaliser les forces de l’Esprit à son profit. Cette méfiance par rapport à l’institution est devenue générale dans notre société de l’immédiateté, que ce soit par rapport à l’école, à la justice ou à l’État. Nous reprenons cependant progressivement conscience de l’importance de l’institution : pour les chrétiens, l’événement que constitue la proclamation de la Parole ne peut exister sans une communauté incarnée, organisée et structurée par des règles, c’est-à-dire une institution. Cette institution permet d’affronter la longueur du temps et d’être présent dans l’espace public. Alors, n’opposons pas événement et institution, qui sont complémentaires et se soutiennent réciproquement. Vivons l’événement « Protestants en fête » avec joie et enthousiasme, sachant que le quotidien de l’institution, qui doit certes être sans cesse réformée et adaptée, continuera à nous porter. La perspective des prochaines élections aux Conseils presbytéraux en février 2018 nous le rappellera opportunément !

Christian Albecker, président de l’UEPAL

Inscrivez-vous par internet www.protestantsenfete.org ou directement au point accueil de l’UEPAL,
1b quai Saint-Thomas à Strasbourg (du lundi au jeudi, de 8h à 18h ; le vendredi de 8h à 17h).
Vous avez une question ? Renseignements au 03 88 25 90 09
 

INFOS CP : ÉTÉ 2017

Indéniablement un “souffle 2017“ anime la vie de l’Église en cette année commémorative. Ce souffle est perceptible à tous les niveaux de la vie ecclésiale, localement dans les paroisses et secteurs paroissiaux, sur le plan régional au niveau des inspections luthériennes, consistoires réformés et de l’UEPAL, mais aussi au niveau des coopérations nationales et internationales, ainsi qu’au cœur de la vie œcuménique. Partout s’exprime une créativité particulière, se manifeste un dynamisme inédit, œuvre une vitalité protestante, se multiplient des gestes symboliques. Cela ne veut pas dire que tout va bien. Mais ce souffle atteste d’une vitalité. En effet, les 500 ans de la Réforme s’avèrent une occasion magnifique que beaucoup saisissent pour célébrer avec reconnaissance leur histoire, se laisser questionner par elle, exprimer la pertinence qu’ils voient dans leurs convictions, s’adresser à leurs contemporains pour dire leur compréhension de l’Évangile, la confiance et l’espérance qui les animent.

Nos assemblées d’Églises, l’Assemblée de l’Union, le Consistoire supérieur et le Synode, se sont inscrites dans cette dynamique en se réunissant ensemble, le week-end dernier, en un même lieu, au Liebfrauenberg, pour travailler une même thématique théologique, la question de l’autorité des Écritures. Avec ce projet inédit, nos Églises écrivent une belle page d’histoire de cette Union, fondée sur le principe de la « diversité réconciliée » énoncé par la Concorde de Leuenberg, et créée en 2006. Une page, plus que symbolique, qui atteste qu’au-delà des difficultés consubstantielles à toute altérité, l’Union est en marche et trace sa route.

Les travaux des assemblées se situaient à l’aboutissement d’une démarche nourrie par la consultation des paroisses et lieux d’Église. Bénéficiant des apports d’Élisabeth Parmentier et Madeleine Wieger, luthériens et réformés ont ensemble pu affirmer dans un texte commun la manière dont ils conçoivent aujourd’hui leur rapport à la Bible. Nous vous encourageons à recevoir la résolution finale adoptée par nos assemblées. Dans cette dernière nous concevons les Écritures comme un corpus à interpréter et situons son autorité dans celle de cette Parole de Dieu qui advient au cœur et à l’esprit humain par l’action de l’Esprit. Certes, cette Parole ne vient pas à nous sans le témoignage des Écritures, et en même temps elle ne se résume ni ne se réduit à ces textes transmis jusqu’à nous. L’autorité des Écritures est avant tout celle de cette Parole qui, dès le commencement, était auprès de Dieu et par laquelle tout ce qui est a été créé (Jean 1,1-14). Une Parole qui veut aujourd’hui encore structurer le chaos, peupler nos vies et vivifier nos existences. Une Parole qui a rejoint notre humanité en Christ, la consolant, l’interpellant, l’édifiant, la mobilisant pour aller à la rencontre de Dieu et de nos sœurs et frères en humanité.

Réaffirmant, au-delà de la diversité de nos expressions de foi, de nos choix de vie, de nos interprétations des Écritures, le lien fondamental qui unit en Christ, nos assemblées encouragent à la lecture communautaire de la Bible, au débat interprétatif, à la confrontation des lectures, afin de continuer à laisser surgir en nous l’effet de cette Parole qui transforme et renouvelle l’humain, l’humanité et le monde.

Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL
 

INFOS CP : JUIN 2017

Pentecôte : fête de l’Esprit, fête du langage. La confusion des langages symbolisée par la tour de Babel et la volonté de l’homme de se faire l’égal de Dieu n’est pas abolie, elle est dépassée. L’Esprit n’impose pas un langage unique qui serait un retour aux origines et qui effacerait la tragique histoire des hommes. L’Esprit permet aux Galiléens (les disciples du Christ) de parler les langues des étrangers de multiples origines présents à Jérusalem. Il permet aux humains de se comprendre malgré leurs différences de langages : leur histoire et leur culture sont assumées, elles ne sont plus source de division et de conflit. Tous entendent les autres dans leur propre langue. Il n’y a pas une langue unique qui serait celle des chrétiens, il n’y a pas de discours ni de pensée unique : chacun reste ce qu’il est mais comprend l’autre dans sa propre langue pour « dire les merveilles de Dieu ».

Cette Pentecôte de la diversité, l’Église en fait l’expérience depuis les origines, même si la tentation de l’uniformité ou de la pensée unique a toujours à nouveau guetté la communauté chrétienne, et pas seulement l’Église catholique ! En Namibie, lors de l’Assemblée générale de la fédération Luthérienne, il nous a été donné de vivre cette Pentecôte de la diversité au sein d’une même tradition, Pentecôte de la joie et de la louange, mais aussi Pentecôte de la communion dans les situations de violence et de souffrance. Et notre jubilé des 500 ans de la Réforme est aussi une véritable Pentecôte, lorsque nous entendons nos frères catholiques ou évangéliques « parler dans notre langue ».

Alors, il est permis de rêver encore à une autre Pentecôte, une Pentecôte politique celle-là. Une Pentecôte où, au-delà de nos diversités d’opinions, nous comprendrions celles et ceux qui pratiquent une autre langue politique… Notre nouveau Président de la République n’est certes pas le Messie et s’attendre à ce qu’il résolve tous nos problèmes, c’est risquer une grave désillusion. Il n’empêche que la mobilisation de tant de personnes peu familières des cénacles politiques traditionnels apporte dans notre pays un vent nouveau susceptible de nous guérir de notre pessimisme de commande et des clivages tellement convenus qu’on ne sait même plus, comme dans les querelles de famille, d’où ils viennent. Il ne s’agit certes pas de viser un consensus mou – ce qui serait une anti-Pentecôte ! – mais d’entendre l’autre différent dans sa propre langue. Dans le processus de réconciliation des Églises, on parle du modèle du « consensus différencié » : d’accord sur l’essentiel, les Églises peuvent avoir des options différentes sur des sujets secondaires. Ce modèle ne pourrait-il pas être transposé au monde politique ? Il est permis de rêver…


Christian Albecker
, président de l’UEPAL
 

INFOS CP : avril 2017

« Le grain de blé tombé dans la terre doit mourir, sinon, il reste seul.
Mais s’il meurt, il donne beaucoup de grains. »

Jean 12, 24

Ce mois d’avril 2017 sera marqué par deux événements apparemment sans grand rapport : les chrétiens du monde entier fêteront Pâques, la résurrection du Christ, cœur et fondement de la foi chrétienne, et les français iront aux urnes pour élire un nouveau Président. Quel lien en effet ? J’en vois personnellement deux :

  • Le désarroi de nos compatriotes est palpable, tant la campagne électorale est déroutante et incertaine : qui choisir ? Entre la démagogie des uns, la tartufferie des autres, les repères traditionnels brouillés, à qui faire confiance ? Le premier parti de France, celui des abstentionnistes, risque à nouveau de gagner les élections… Cette dangereuse propension à ne pas vouloir regarder la réalité en face et à ne pas prendre le risque de s’engager est porteuse de gros risques. Le message de la résurrection peut alors nous inviter à dépasser nos peurs : Osons ! Risquons-nous à faire un choix, à faire confiance, car nous savons que ce choix est relatif, et que l’espérance de la vie plus forte que la mort nous permettra, quoi qu’il arrive, d’aller plus loin, de dépasser nos déceptions et nos désillusions.
  • La résurrection, le triomphe de la vie, n’est cependant pas une assurance-vie à laquelle il suffirait de souscrire pour voir s’envoler tous nos soucis. Le message du Christ est clair à ce sujet : « Le grain de blé tombé dans la terre doit mourir, sinon, il reste seul. Mais s’il meurt, il donne beaucoup de grains ». La résurrection suppose de passer par la nuit de la mort, Pâques est indissociablement lié au Vendredi Saint. Il nous faut réapprendre à accepter cette réalité de l’enfouissement et de la mort, pour nos vies personnelles, qui peuvent connaître l’échec et la souffrance, mais aussi pour notre vie collective, dans la société et dans l’Église. Renoncer à des modes de pensée et d’organisation inadaptés, accepter de remettre en cause des manières d’agir qui ne sont plus porteuses de vie et d’espoir : voilà quel devrait être le souci des partis et des hommes politiques qui prétendent conduire notre pays vers l’avenir, mais aussi de nous citoyens, comme de nous membres de l’Église, acteurs engagés de nos communautés ou simples paroissiens.

Acceptons donc de laisser mourir ce qui n’est plus porteur de vie, et soyons des témoins joyeux de la bouleversante nouveauté de Pâques : la mort est morte, vive la vie !

Christian Albecker, président de l’UEPAL
 

Infos CP : mars 2017

Question d’autorité !

Face au désolant spectacle que nous livre la politique depuis des semaines, nombreux sont les concitoyens, y compris parmi ceux qui comprennent la participation au scrutin comme un devoir républicain, à se dire désorientés et en panne de perspective devant les échéances à venir. Le spectacle médiatico-judiciaire que l’on nous propose quotidiennement ne suscite aucune adhésion, et ne parvient pas à favoriser l’émergence d’un débat portant sur un projet de société.

Dans un flyer “Politique : tous concernés, tous responsables”, l’UEPAL appelle les membres des deux Églises, et plus largement nos concitoyens, à se sentir responsables et acteurs de la démocratie, de la République et des orientations qu’il convient de donner à notre vie en société. Or être ou devenir acteurs, suppose une autorité constituante qui libère l’énergie « innovante, créative, et donne la force des commencements » (Michel Bertrand).

En 1954, cherchant à penser le désastre Nazi et le drame de la Shoah, Hannah Arendt écrivait que « l’autorité a disparu du monde moderne ». La politologue naturalisée américaine pouvait-elle seulement imaginer le caractère visionnaire de son propos, tant nous sommes pris dans une crise généralisée de l’autorité qui touche toutes les institutions qui ont vocation à structurer nos existences (famille, école, justice, État, Religion, entreprise, etc.).

Les racines de cette crise sont multiples : les dérives tragiques des pouvoirs autoritaires du XXe siècle ; la suspicion de toute instance censée incarner l’autorité qui en résulte ; la fragilisation des institutions jadis porteuses de sens et de vérité ; l’individualisme contemporain qui érige le subjectif au rang de norme ; la réticence générale à faire crédit à un autre que soi-même.

Or sans la confiance qui « accrédite » l’autorité, celle-ci en est réduite au seul exercice d’un pouvoir.
Les Chrétiens, et notamment les protestants, sont très sensibles à la question de l’autorité. Ils confessent dans l’Écriture sainte, la seule autorité en matière de foi et de vie d’Église. Si tous reconnaissent en Christ la clé de compréhension de l’Évangile et en Dieu l’autorité ultime, nous recevons sa Parole au moyen d’un texte à interpréter. Nous vivons le sola scriptura (autorité des Écritures) dans le contexte de la crise des autorités que je viens d’évoquer. Les Chrétiens et les Églises, dans leur lecture de la Bible, cherchent à se frayer un chemin de foi entre le néant d’un relativisme qui conteste toute vérité, et l’oppressante étroitesse du fondamentalisme qui veut imposer une seule vérité. Comment vivre l’autorité de cette parole à interpréter en Église ? Telle est la question que le Conseil Synodal et le Directoire confient aux lieux d’Église et se proposent de traiter lors du Synode et du Consistoire supérieur de juin prochain. Que ce questionnement nous permette également, s’il le faut, de réinvestir la responsabilité citoyenne de notre foi.


Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL
 

infos CP : février 2017

« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Jean 20,21

Ce verset, tiré du récit de l’apparition du Ressuscité aux disciples en l’absence de Thomas, a été commenté par la pasteure Antje Jackelen, archevêque de l’Église luthérienne de Suède, dans sa prédication du culte d’ouverture de la récente préassemblée « Europe » de la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM) à Höör en Suède. Cet envoi des disciples par le Christ ressuscité vient immédiatement après le verset 20 précédent : « Il leur montra ses mains et son côté ». Si l’envoi de Jésus par le Père s’est traduit par le rejet, la souffrance et la croix, les disciples ne doivent pas s’attendre à être traités mieux que leur maître. Cette « théologie de la croix » n’est pas dolorisme mais réalisme et confiance dans Celui qui a vaincu la mort. Elle nous invite à être des témoins courageux de la Bonne Nouvelle face aux faux dieux et aux faux prophètes qui prospèrent. En Europe, ces faux dieux s’appellent, entre autres, populisme, protectionnisme, ou « post-vérité ».

En ce début d’année jubilaire des 500 ans de la Réforme, la préassemblée de Höör a constitué une étape importante vers l’assemblée mondiale de la FLM en mai prochain à Windhoek en Namibie. Plus de 80 délégués des 3 régions européennes (Europe du Nord, de l’Est et de l’Ouest) ont travaillé pendant 4 jours sur le thème de l’Assemblée « Libérés par la grâce de Dieu ». Nous avons été invités à réfléchir en quoi les 3 sous-thèmes « Le salut n’est pas à vendre », « Les êtres humains ne sont pas à vendre » et « La création n’est pas à vendre » nous concernaient en Europe. Les situations historiques, économiques, sociologiques et religieuses des Églises luthériennes en Europe sont très différentes, entre la Russie, l’Islande ou l’Allemagne par exemple. Mais avec des accents différents, tous les délégués se sont retrouvés sur la nécessité de témoigner clairement de notre identité chrétienne dans nos sociétés sécularisées, tout en étant attentifs aux enjeux de société et aux risques de dérives pointés par Antje Jackelen.

L’UEPAL, qui est membre de la FLM, rejoint ainsi le souci des Églises luthériennes de ne pas limiter le jubilé à sa dimension mémorielle, mais de dire en quoi le message de la Réforme, celui de la grâce de Dieu qui libère, nous aide à vivre et à être témoins du Christ dans le monde d’aujourd’hui. Suivre le Christ est une invitation à la lucidité et à la vigilance qui nous vaudra peut-être opposition et rejet, mais c’est aussi une invitation à la confiance et à l’espérance, à la suite du Ressuscité, qui est vie et joie : « Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur ! » (Le même verset 20 qui évoque les plaies du crucifié !). C’est le sens que nous voulons donner aux très nombreuses manifestations qui se préparent pour 2017, en particulier les deux grandes étapes de notre cheminement jubilaire : la caravane de la Réforme du 7 au 9 avril 2017, et le rassemblement national « Protestants en fête » du 27 au 29 octobre 2017, à Strasbourg. Autour du mot d’ordre « Vivre la fraternité », je souhaite que nous nous mobilisions dans la vigilance, la confiance et l’espérance !

Christian Albecker, président de l’UEPAL

En savoir plus sur :
• La préassemblée de la FLM à Höor : https://www.lwfassembly.org/en/europe-pre-assembly ainsi que la rétrospective sur www.uepal.fr rubrique Rétrospective
• La Caravane de la Réforme, dans le cadre de l’Itinéraire européen : www.uepal-protestants2017.fr
• Protestants en fête 2017 : www.protestantsenfete.org
 

INFOS CP : JANVIER 2017

2017 !

Nous entrons dans cette nouvelle année, à la fois comme tout le monde et pourtant différemment. Comme tout le monde, nous échangeons des vœux et prenons des résolutions. Nous nous réjouissons des opportunités et perspectives heureuses qui se profilent, et sommes saisis d’inquiétudes devant certaines échéances. Nous nous apprêtons à relever les défis identifiables et nous tentons de mobiliser nos ressources pour donner, y compris dans les épreuves à vivre, le meilleur de nous-même.

Et pourtant, pour la famille protestante, 2017 a une saveur particulière. Les 500 ans de la Réforme confèrent à notre esprit un sentiment à la fois de reconnaissance et d’ébullition. Cette échéance nous mobilise, dans les paroisses, au niveau régional et national. L’organisation du grand rassemblement « Protestants en fête » à Strasbourg sur la thématique « Vivre la Fraternité », tout comme l’accueil de la caravane « Itinéraire européen de la Réforme » pour recueillir à travers l’Europe – et à Strasbourg début avril – le témoignage actuel des héritiers de la réforme, s’inscrivent résolument dans l’aujourd’hui. Loin de vouloir s’adonner à cette frénésie commémorative rivée à un glorieux passé, les Églises protestantes souhaitent avant tout, en se ressaisissant de leur héritage, vivre leur vocation au présent et porter leur regard vers demain. De ce fait, 2017 aura vocation à être protestante et œcuménique, fraternelle et interreligieuse ! Une année où résolument nous chercherons à écrire avec les plus belles couleurs les mots d’accueil, de confiance, de liberté, de responsabilité et de solidarité. Quel défi !

Dans cette perspective, le mot d’ordre de l’année résonne comme un encouragement. Parole énoncée par le prophète Ezéchiel durant des jours sombres du peuple d’Israël. Sous la domination babylonienne, les années glorieuses se réduisaient à un lointain passé. Le présent n’était que dispersion et fragilité, nostalgie et doute. Il se résumait à un de ces parcours du désert que l’on espère n’être qu’une traversée. Par la voix de son prophète, Dieu annonce à ceux qui se croyaient désormais insignifiants et en perdition dans le tourbillon des puissances du monde, la restitution d’une vie digne. « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau » … à cause de mon nom !

Elle a dû résonner cette parole ! Communiquer l’espérance de Son souffle aux enfants d’Israël ainsi déportés et dispersés. Elle a encore résonné durant la Shoah, pour les enfants d’Israël livrés à une haine antisémite effrénée. Voyant leur ruine arriver, cette parole prenait un gout d’éternité au cœur du tragique. Elle résonne de multiples manières au cœur des épreuves, notamment pour les personnes atteintes d’une fragilité cardiaque ou en attente d’un greffon.

Que ce mot d’ordre, cette parole d’espérance, nous accompagne et nous encourage en cette année élective et commémorative. Qu’elle nous communique Son souffle dans les mois à venir qui nous confronteront encore à ces nombreux défis humains, politiques, sociaux, ecclésiaux qui nous préoccupent déjà. Qu’elle vienne inscrire en notre cœur et nos esprits la conscience qu’en Christ Dieu a déjà donné, et nous donne encore, ce qu’inlassablement il attend de nous.


Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL
 


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