Editos INFOS CP

Infos CP : mars 2017

Question d’autorité !

Face au désolant spectacle que nous livre la politique depuis des semaines, nombreux sont les concitoyens, y compris parmi ceux qui comprennent la participation au scrutin comme un devoir républicain, à se dire désorientés et en panne de perspective devant les échéances à venir. Le spectacle médiatico-judiciaire que l’on nous propose quotidiennement ne suscite aucune adhésion, et ne parvient pas à favoriser l’émergence d’un débat portant sur un projet de société.

Dans un flyer “Politique : tous concernés, tous responsables”, l’UEPAL appelle les membres des deux Églises, et plus largement nos concitoyens, à se sentir responsables et acteurs de la démocratie, de la République et des orientations qu’il convient de donner à notre vie en société. Or être ou devenir acteurs, suppose une autorité constituante qui libère l’énergie « innovante, créative, et donne la force des commencements » (Michel Bertrand).

En 1954, cherchant à penser le désastre Nazi et le drame de la Shoah, Hannah Arendt écrivait que « l’autorité a disparu du monde moderne ». La politologue naturalisée américaine pouvait-elle seulement imaginer le caractère visionnaire de son propos, tant nous sommes pris dans une crise généralisée de l’autorité qui touche toutes les institutions qui ont vocation à structurer nos existences (famille, école, justice, État, Religion, entreprise, etc.).

Les racines de cette crise sont multiples : les dérives tragiques des pouvoirs autoritaires du XXe siècle ; la suspicion de toute instance censée incarner l’autorité qui en résulte ; la fragilisation des institutions jadis porteuses de sens et de vérité ; l’individualisme contemporain qui érige le subjectif au rang de norme ; la réticence générale à faire crédit à un autre que soi-même.

Or sans la confiance qui « accrédite » l’autorité, celle-ci en est réduite au seul exercice d’un pouvoir.
Les Chrétiens, et notamment les protestants, sont très sensibles à la question de l’autorité. Ils confessent dans l’Écriture sainte, la seule autorité en matière de foi et de vie d’Église. Si tous reconnaissent en Christ la clé de compréhension de l’Évangile et en Dieu l’autorité ultime, nous recevons sa Parole au moyen d’un texte à interpréter. Nous vivons le sola scriptura (autorité des Écritures) dans le contexte de la crise des autorités que je viens d’évoquer. Les Chrétiens et les Églises, dans leur lecture de la Bible, cherchent à se frayer un chemin de foi entre le néant d’un relativisme qui conteste toute vérité, et l’oppressante étroitesse du fondamentalisme qui veut imposer une seule vérité. Comment vivre l’autorité de cette parole à interpréter en Église ? Telle est la question que le Conseil Synodal et le Directoire confient aux lieux d’Église et se proposent de traiter lors du Synode et du Consistoire supérieur de juin prochain. Que ce questionnement nous permette également, s’il le faut, de réinvestir la responsabilité citoyenne de notre foi.


Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL
 

infos CP : février 2017

« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Jean 20,21

Ce verset, tiré du récit de l’apparition du Ressuscité aux disciples en l’absence de Thomas, a été commenté par la pasteure Antje Jackelen, archevêque de l’Église luthérienne de Suède, dans sa prédication du culte d’ouverture de la récente préassemblée « Europe » de la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM) à Höör en Suède. Cet envoi des disciples par le Christ ressuscité vient immédiatement après le verset 20 précédent : « Il leur montra ses mains et son côté ». Si l’envoi de Jésus par le Père s’est traduit par le rejet, la souffrance et la croix, les disciples ne doivent pas s’attendre à être traités mieux que leur maître. Cette « théologie de la croix » n’est pas dolorisme mais réalisme et confiance dans Celui qui a vaincu la mort. Elle nous invite à être des témoins courageux de la Bonne Nouvelle face aux faux dieux et aux faux prophètes qui prospèrent. En Europe, ces faux dieux s’appellent, entre autres, populisme, protectionnisme, ou « post-vérité ».

En ce début d’année jubilaire des 500 ans de la Réforme, la préassemblée de Höör a constitué une étape importante vers l’assemblée mondiale de la FLM en mai prochain à Windhoek en Namibie. Plus de 80 délégués des 3 régions européennes (Europe du Nord, de l’Est et de l’Ouest) ont travaillé pendant 4 jours sur le thème de l’Assemblée « Libérés par la grâce de Dieu ». Nous avons été invités à réfléchir en quoi les 3 sous-thèmes « Le salut n’est pas à vendre », « Les êtres humains ne sont pas à vendre » et « La création n’est pas à vendre » nous concernaient en Europe. Les situations historiques, économiques, sociologiques et religieuses des Églises luthériennes en Europe sont très différentes, entre la Russie, l’Islande ou l’Allemagne par exemple. Mais avec des accents différents, tous les délégués se sont retrouvés sur la nécessité de témoigner clairement de notre identité chrétienne dans nos sociétés sécularisées, tout en étant attentifs aux enjeux de société et aux risques de dérives pointés par Antje Jackelen.

L’UEPAL, qui est membre de la FLM, rejoint ainsi le souci des Églises luthériennes de ne pas limiter le jubilé à sa dimension mémorielle, mais de dire en quoi le message de la Réforme, celui de la grâce de Dieu qui libère, nous aide à vivre et à être témoins du Christ dans le monde d’aujourd’hui. Suivre le Christ est une invitation à la lucidité et à la vigilance qui nous vaudra peut-être opposition et rejet, mais c’est aussi une invitation à la confiance et à l’espérance, à la suite du Ressuscité, qui est vie et joie : « Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur ! » (Le même verset 20 qui évoque les plaies du crucifié !). C’est le sens que nous voulons donner aux très nombreuses manifestations qui se préparent pour 2017, en particulier les deux grandes étapes de notre cheminement jubilaire : la caravane de la Réforme du 7 au 9 avril 2017, et le rassemblement national « Protestants en fête » du 27 au 29 octobre 2017, à Strasbourg. Autour du mot d’ordre « Vivre la fraternité », je souhaite que nous nous mobilisions dans la vigilance, la confiance et l’espérance !

Christian Albecker, président de l’UEPAL

En savoir plus sur :
• La préassemblée de la FLM à Höor : https://www.lwfassembly.org/en/europe-pre-assembly ainsi que la rétrospective sur www.uepal.fr rubrique Rétrospective
• La Caravane de la Réforme, dans le cadre de l’Itinéraire européen : www.uepal-protestants2017.fr
• Protestants en fête 2017 : www.protestantsenfete.org
 

INFOS CP : JANVIER 2017

2017 !

Nous entrons dans cette nouvelle année, à la fois comme tout le monde et pourtant différemment. Comme tout le monde, nous échangeons des vœux et prenons des résolutions. Nous nous réjouissons des opportunités et perspectives heureuses qui se profilent, et sommes saisis d’inquiétudes devant certaines échéances. Nous nous apprêtons à relever les défis identifiables et nous tentons de mobiliser nos ressources pour donner, y compris dans les épreuves à vivre, le meilleur de nous-même.

Et pourtant, pour la famille protestante, 2017 a une saveur particulière. Les 500 ans de la Réforme confèrent à notre esprit un sentiment à la fois de reconnaissance et d’ébullition. Cette échéance nous mobilise, dans les paroisses, au niveau régional et national. L’organisation du grand rassemblement « Protestants en fête » à Strasbourg sur la thématique « Vivre la Fraternité », tout comme l’accueil de la caravane « Itinéraire européen de la Réforme » pour recueillir à travers l’Europe – et à Strasbourg début avril – le témoignage actuel des héritiers de la réforme, s’inscrivent résolument dans l’aujourd’hui. Loin de vouloir s’adonner à cette frénésie commémorative rivée à un glorieux passé, les Églises protestantes souhaitent avant tout, en se ressaisissant de leur héritage, vivre leur vocation au présent et porter leur regard vers demain. De ce fait, 2017 aura vocation à être protestante et œcuménique, fraternelle et interreligieuse ! Une année où résolument nous chercherons à écrire avec les plus belles couleurs les mots d’accueil, de confiance, de liberté, de responsabilité et de solidarité. Quel défi !

Dans cette perspective, le mot d’ordre de l’année résonne comme un encouragement. Parole énoncée par le prophète Ezéchiel durant des jours sombres du peuple d’Israël. Sous la domination babylonienne, les années glorieuses se réduisaient à un lointain passé. Le présent n’était que dispersion et fragilité, nostalgie et doute. Il se résumait à un de ces parcours du désert que l’on espère n’être qu’une traversée. Par la voix de son prophète, Dieu annonce à ceux qui se croyaient désormais insignifiants et en perdition dans le tourbillon des puissances du monde, la restitution d’une vie digne. « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau » … à cause de mon nom !

Elle a dû résonner cette parole ! Communiquer l’espérance de Son souffle aux enfants d’Israël ainsi déportés et dispersés. Elle a encore résonné durant la Shoah, pour les enfants d’Israël livrés à une haine antisémite effrénée. Voyant leur ruine arriver, cette parole prenait un gout d’éternité au cœur du tragique. Elle résonne de multiples manières au cœur des épreuves, notamment pour les personnes atteintes d’une fragilité cardiaque ou en attente d’un greffon.

Que ce mot d’ordre, cette parole d’espérance, nous accompagne et nous encourage en cette année élective et commémorative. Qu’elle nous communique Son souffle dans les mois à venir qui nous confronteront encore à ces nombreux défis humains, politiques, sociaux, ecclésiaux qui nous préoccupent déjà. Qu’elle vienne inscrire en notre cœur et nos esprits la conscience qu’en Christ Dieu a déjà donné, et nous donne encore, ce qu’inlassablement il attend de nous.


Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL
 

Infos CP décembre 2016

Il est impossible de reconnaître Dieu sans dommages, sinon en te tenant à sa crèche.
Si ton imagination ou tes spéculations t’engagent sur le chemin inverse ;
si tu commences par réfléchir à sa divinité, à la manière dont il gouverne le monde,
la façon dont il a détruit Sodome et Gomorrhe ;
si tu cherches à savoir s’Il a prédestiné ou non tel ou tel homme,
tu te casseras le cou immédiatement ; tu tomberas du ciel comme l’esprit malin.
Mon cher, n’escalade pas le ciel ! Va d’abord à Bethlehem.
Martin Luther


Dans ce passage tiré d’un sermon de Noël, Luther s’exprime avec son langage direct et imagé. Il insiste sur le caractère central de la crèche, c’est-à-dire de la venue concrète de Dieu parmi nous, de son incarnation dans le Christ Jésus. On pourrait être tenté de lire ce passage comme une invitation à la « foi du charbonnier », un encouragement à croire sans se poser de questions. Il n’en est rien. Mais Luther veut nous rappeler que la réponse à nos questions philosophiques ou à nos angoisses existentielles ne se trouve pas dans les spéculations intellectuelles ou théologiques : elle se trouve dans la relation vivante au Christ, dans l’humilité de son incarnation. C’est nourris par cette relation que nous pouvons sonder les Écritures et construire notre réflexion. Pour Luther, la clé de compréhension de la Bible, le fondement de la réflexion théologique doit toujours être « was Christum treibet », ce qui met en avant le Christ. Ce « christocentrisme » constitue le cœur de sa démarche réformatrice.

Au moment où nous nous apprêtons à célébrer les 500 ans de la Réforme, ce message a gardé toute sa force et sa pertinence. Il est l’une des contributions majeures de la Réforme à l’Église universelle. La célébration du 31 octobre à Lund et celle du 6 décembre en l’église Saint-Thomas ont permis de mettre en lumière cet apport. Notre cheminement œcuménique repose certes sur un long travail théologique et le consensus sur la « justification par la foi », mais la justification par la foi exprime précisément l’expérience fondatrice de Luther : à Bethlehem, dans l’humilité de la crèche, est manifesté l’amour inconditionnel de Dieu, venu à notre rencontre, sans considération de nos mérites. Bergers incultes ou savants astrologues, tous sont invités dans l’étable de Bethlehem à reconnaître la présence de Dieu dans le visage du fragile nouveau-né.

Le message de Noël est « renversant », car il renverse nos schémas « Dieu en haut, nous en bas », désormais c’est Dieu en bas, pour que nous puissions être en haut ! C’est un bouleversement pour la pensée, mais aussi pour l’action : si Dieu a pris chair et visage d’homme, il nous appartient de protéger et de défendre l’humain partout où il est menacé. Les enfants d’Alep, les réfugiés d’Afrique ou du Proche Orient partagent la crèche de la misère et de la violence qui a été celle de Jésus. Que nous soyons bergers ou mages, nous sommes invités à les reconnaître et à les honorer, eux comme tous les sans-voix de notre société, par notre présence et nos gestes de solidarité.

Puissions-nous vivre Noël dans cet esprit d’accueil et de fraternité auquel nous invite le thème de notre année jubilaire 2017 !


Christian Albecker, président de l’UEPAL
 

Infos CP novembre 2016

Le silence est d’or ! Quoique !

À Lund, à Berlin, à Strasbourg, et ailleurs, cette fin d’octobre, était l’occasion d’une ouverture solennelle de l’année de commémoration du 500e anniversaire de la Réforme. À Lund, des gestes d’une portée symbolique inédite, qui n’ont pas fini d’écrire notre histoire, ont été posés. Le pape François a tenu à s’associer à la Fédération luthérienne mondiale, pour inviter à cette célébration d’inauguration commune, mettant en lumière le fruit de 50 années de travail œcuménique. D’aucuns cherchent à lire dans la photo de son accolade avec l’archevêque femme de l’Église luthérienne de Suède, Antje Jackelén, bien plus qu’une simple salutation !

À Strasbourg, les deux manifestations prévues ont à la fois connu une fréquentation remarquable et suscité des échos très positifs. Le culte d’ouverture, avec une liturgie structurée à partir du texte des béatitudes, a invité l’assemblée à se mettre en marche pour entrer dans cette année commémorative. La table ronde, organisée à l’ENA, d’une haute teneur, a permis de se confronter, à en perdre quelque peu le souffle, à la pertinence de l’héritage que nous devons à la Réforme.

Toutefois, au-delà de la reconnaissance que chacun peut exprimer pour cette entrée en matière réussie pour 2017, les observateurs avertis auront noté des zones de silence. Elles sont un peu comme les zones de silence dans nos familles, que personne n’a le loisir de choisir. Lorsqu’une fête familiale convoque une tablée, il y a ces questions que l’on a pris l’habitude de ne pas ou plus aborder, et il y a ces absents dont on ne sait s’il vaut mieux en parler ou pas !

À Lund un peu moins du tiers des héritiers de la Réforme, étaient en co-célébration avec l’Église catholique ; les autres étaient au mieux des convives. Et pourtant médiatiquement, l’événement a été perçu comme une étape majeure de la réconciliation entre protestants et catholiques.

À Strasbourg, aucune parole n’a su être prononcée jusqu’à la fin de la table ronde pour évoquer notre rapport à nos frères catholiques, pour leur donner une place dans le cadre de cette commémoration, pour dire la regrettable conflictualité, parfois violente, que nous avons connue pendant presque 450 ans, pour reconnaître les importants progrès du dialogue œcuménique, à la fois au sein des communautés, sur le plan théologique et entre les institutions.

Tous, nous reconnaissons aujourd’hui, que depuis une cinquantaine d’année un bout du chemin du “conflit à la communion” a été parcouru. Le contexte global, sur le plan économique, social, politique, avec cette lame de fond du repli que l’on peut observer de partout, convoque la capacité des Églises à dire et vivre ensemble, certes dans la diversité de leurs expressions, leur fidélité au Christ. En choisissant comme thématique, “Vivre la Fraternité’’, la Fédération protestante de France a voulu donner cette impulsion à 2017. Ne célébrons pas 2017 avec les liturgies de 1983, pire de 1917 ! Si le silence est d’or, la convivance, cet art de savoir vivre avec et parmi les autres, nécessite que nos paroles apprennent à faire place aux autres !

Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL
 

Infos CP octobre 2016

J’ai été récemment ébranlé par un « incident » dont il est à craindre qu’il ne soit significatif de l’état d’esprit de la société française actuelle. Destinataire d’un courriel d’une organisation catholique inconnue m’invitant à une série de rencontres et de conférences, je m’étonne de ne pas apparaître dans la liste de diffusion détaillée de ce message, mais persuadé d’une erreur liée aux mystères de l’informatique, je le supprime de ma boîte de réception. Moins d’une heure plus tard, ma messagerie est inondée de courriels signés par des universitaires qui se sont trouvés destinataires du même message. Ils demandent tous à être immédiatement radiés de la liste de diffusion, et plusieurs comportent des commentaires insultants pour l’expéditeur et les religions en général, dans un langage quelquefois ordurier, avec une extraordinaire violence verbale. Heureusement, des messages (dont l’un rédigé par un professeur de notre faculté de théologie) s’étonnent de cette violence et font appel à la tolérance et à la modération, ce qui met fin à l’avalanche… Deux dimensions de cette « affaire » m’interrogent : d’une part, le fait qu’il s’agisse d’universitaires, dont on est en droit d’attendre qu’ils fassent preuve de discernement et de modération dans une question, somme toute banale, de diffusion incontrôlée de messages électroniques, dont nous sommes quotidiennement envahis. D’autre part, le fait que toute la « cyber communauté » a été prise à témoins, avec le besoin de faire connaître et même d’étaler sa rage antireligieuse.

Pour les célébrations de 2017, la Fédération Protestante de France a choisi comme thème « Vivre la fraternité ». Certains ont trouvé au départ que cette formulation était un peu trop large et pas assez profilée bibliquement. L’anecdote ci-dessus montre qu’il n’en est rien, et que la fraternité semble rester un thème révolutionnaire ! Les peurs de toute nature qui travaillent notre société conduisent de plus en plus à des réactions d’exclusion et de violence. Que cette violence, même simplement verbale, devienne le fait d’universitaires me paraît particulièrement préoccupant. Si celles et ceux dont la vocation est d’élever le débat et de nous permettre de prendre du recul se laissent eux-mêmes aller aux sirènes de l’intolérance et de la violence verbale, alors nous pouvons être légitimement inquiets de l’état de notre société française !

Le défi que nous aurons à relever en 2017, c’est de faire entendre ce message de l’indispensable fraternité. Si nous en restions à la commémoration historique et à l’auto-glorification de la Réforme, nous aurions tout simplement manqué notre objectif. Il s’agit, non pas de donner des leçons de morale à notre société – à quel titre le ferions-nous ? – mais de témoigner au nom de l’Évangile et des valeurs du protestantisme qu’une autre manière de faire société est possible, dans la liberté, la responsabilité et la solidarité, dans le respect de la différence et la culture du débat.

Pour l’UEPAL, l’ouverture officielle des festivités aura lieu le vendredi 28 octobre 2016 à 18h, avec un culte célébré en l’église Saint-Thomas à Strasbourg, qui sera suivi à 19h30 par une table ronde à l’amphithéâtre de l’ENA, pour laquelle, il sera nécessaire de s’inscrire en raison des contraintes de sécurité*. J’espère que nous serons nombreux à participer à ce premier temps fort des 500 ans de la Réforme, auquel je vous invite très cordialement.


Christian Albecker, président de l’UEPAL


* 3 possibilités pour l’inscription obligatoire à la table ronde avant le 21 octobre :
- en ligne : en cliquant ici
- par mail
- ou par téléphone : 03 88 25 90 34
 

Infos CP septembre 2016

De l’altérité conflictuelle à la communion

Cette rentrée a une saveur particulière. Elle marque le coup d’envoi de notre marche vers la commémoration festive de 500 ans de Réformes. Elle nous met en route vers ce temps particulier où nous union d’Eglises, dans le concert des Eglises issues de la réforme – et cherchant à y associer nos frères et sœurs d’autres confessions, voire d’autres cultes – voulons prendre la mesure de notre héritage, nous en réjouir, le fêter, mais aussi l’interroger, en témoigner, et ainsi assumer notre vocation d’Eglise de Jésus-Christ.
L’histoire du protestantisme, est une longue et belle histoire qui fait à juste titre la fierté de ceux qui sont attachés à leur identité protestante. Une histoire de confiance et de liberté ancrée dans la découverte d’une compréhension, alors nouvelle, du message de l’Evangile, à savoir que « la justice de Dieu est celle par laquelle le juste vit du don de Dieu, à savoir la foi ». L’Europe entière s’est emparée du débat tout d’abord universitaire que Luther a lancé, donnant ainsi naissance, précisant, formalisant de nombreux principes : ceux qui structurent une lecture de l’Evangile (la foi seule, le salut gratuit en Jésus-Christ…) ainsi que la vie spirituelle d’une foi autant à vivre qu’à penser ; ceux qui conditionnent une réflexion théologique et une compréhension de Dieu (une certaine compréhension de l’autorité de l’Ecriture, une herméneutique…) ; ceux qui régissent notre compréhension de l’Eglise (Parole et sacrement) ainsi que l’organisation de sa vie institutionnelle (semper reformanda, gouvernance collégiale, sacerdoce universel, mandats électifs limités) ; ceux qui structurent une éthique ainsi qu’un rapport responsable au monde… Des principes fondamentaux, d’une pertinence toujours à interroger, toujours à redécouvrir.
Mais l’histoire du protestantisme est aussi une histoire difficile et douloureuse. Celle d’une conflictualité, parfois violente, qui marqua durablement la chrétienté. La Réforme initiée par Martin Luther se cristallise rapidement pour aboutir à un inévitable schisme avec Rome. Très tôt, les débats internes au mouvement évangélique voient émerger un grand nombre de courants de pensée, qui bientôt se figeront dans des postures, donnant naissance à ce visage morcelé et fragmenté du protestantisme que nous connaissons. Qui plus est, pratiquement tous les réformateurs ont énoncé, avec une violence plus ou moins prononcée, des paroles aujourd’hui insoutenables à l’encontre des juifs, dans une Europe chrétienne qui culturellement peinait à concevoir leur coexistence avec les chrétiens. La menace turque occasionnait elle aussi des propos non moins fulminants. Les festivités de 2017 ne pourront pas faire abstraction de ce pan d’histoire. Il nous faudra aussi faire mémoire d’un siècle de division et de fragmentation dont on ne pourra dire qu’il s’interrogeait sur le vivre ensemble, ni qu’il cultivait l’art de la convivance ou pratiquait la tolérance.
Toutefois, durant le XXème siècle, le traumatisme occasionné d’une part par la barbarie de la Première Guerre mondiale, conflit entre des Etats réputés chrétiens, et d’autre part celui dû à l’horreur nazie perpétrée par un Etat lui aussi réputé chrétien, suscita une réelle dynamique de réconciliation. Elle occasionna l’émergence du mouvement œcuménique. La rencontre, la considération accordée à l’autre confession, conjuguées à un important travail théologique et sa réception par les Eglises, ont créé les conditions d’une chrétienté plus fraternelle, plus unie, parfois d’une communion ecclésiale apte à dépasser les conflits et anathèmes du passé, dans l’esprit d’une diversité réconciliée. La concorde de Leuenberg signée en 1973 entre luthériens et réformés d’ Europe, et la déclaration commune sur la justification par la foi signée en 1999 par l’Eglise catholique et la Fédération Luthérienne mondiale constituent les étapes notoires de ce processus du conflit à la communion. Et aujourd’hui nul n’est en mesure de dire ce que ce processus de réconciliation nous réservera en 2017. Par ailleurs, cette dynamique de réconciliation a également donné lieu à une profonde reconsidération du rapport des Eglises avec Israël. Ainsi, les Eglises, depuis une cinquantaine d’années, ont décidé, non seulement de dénoncer avec fermeté toute forme d’antisémitisme, mais pour une partie significative d’entre elles, de se reconnaitre aujourd’hui cohéritiers, avec les enfants d’Israël, d’une “promesse oubliée“.
 

Septembre 2016, Christian Krieger

Édito Infos CP Juillet 2016

Dieu, que ce mois de juin 2016 aura été difficile ! Attentats d’Orlando et d’Istanbul, assassinats de Magnanville, grèves à répétition et conflit social autour du projet de loi El Khomri, sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne, le tout sur fond de ciel plombé, de déluges et d’inondations qui ont affecté quelquefois gravement et à répétition de nombreux villages de nos régions. Alors qu’habituellement juin nous trouve le cœur léger avec l’arrivée de l’été et la perspective des vacances, cette année, juin fut triste et morose, et même l’Euro de football n’a guère réussi à mettre un peu de légèreté dans l’air !

Mais soyons sincères : nos malheurs sont somme toute de peu de poids comparés à ceux des pays en guerre et des populations jetées sur la route de l’exil. Alors, ne faut-il pas aussi se réjouir des signes souvent fragiles vers la paix et le mieux-être ? On peut citer les échecs de l’État islamique totalitaire qui recule un peu partout, des perspectives de paix en Colombie après plus de 50 ans de guerre civile, et même la résorption du trou dans la couche d’ozone… Il faut souvent faire preuve d’obstination et d’optimisme pour repérer les signes d’espérance concrets, mais n’est-ce pas précisément la vocation des chrétiens d’être des semeurs et des chercheurs d’espérance ? Nous sommes au bénéfice de la Bonne Nouvelle, l’Évangile, qui doit nous encourager à porter un regard de confiance, d’amour et d’espérance sur le monde. Ce n’est pas la méthode Coué, c’est le regard lucide du croyant qui sait que le salut du monde ne dépend pas de lui ni des autres humains, mais qu’il est déjà offert et qu’il nous appartient de le saisir et de le rendre concret.

C’est ainsi que le Conseil de l’Union invite les paroisses et les œuvres de l’UEPAL à se mobiliser, à l’occasion de notre fête nationale, en faveur de l’accueil des réfugiés. Cela fait deux ans que nous interpellons les responsables politiques et proposons des solutions d’accueil concrètes à travers la coordination de la Fédération de l’entraide protestante. Le réseau protestant alsacien a ainsi accueilli 68 personnes : une goutte d’eau, mais une réussite pour ces personnes, qui ont toutes un statut légal, un logement, une formation à l’apprentissage du français et pour certaines un emploi. Une goutte d’eau d’espérance ! Un collectif s’est formé dans les dernières semaines avec la Fédération protestante de France, l’Église protestante unie de France, la Cimade, les EEUdF, Coexister, …. Le Conseil de l’UEPAL encourage les paroisses et œuvres à s’inscrire dans cette démarche pour interpeller à nouveau les responsables politiques. Il est en effet choquant de constater que sur l’engagement d’accueillir 30 000 personnes pris par le gouvernement (soit une personne par commune !) moins de 500 étaient réellement accueillies fin mai ! Au moment où nous célébrons les valeurs de notre République : liberté, égalité, fraternité, nous pouvons légitimement nous poser la question : France, qu’as-tu fait de ta fraternité ? Vous trouverez sur le site dédié aux acteurs de l'UEPAL (*) le message aux paroisses, la proposition de lettre-type à adresser aux élus, un argumentaire et une méditation biblique. Nous vous encourageons à manifester ainsi que la fraternité et l’espérance sont possibles !

Juillet et août seront des temps de pause dans la frénésie de nos quotidiens. Je souhaite à toutes et à tous que cela soit aussi un temps de ressourcement, un temps d’approfondissement spirituel dans la lecture, la prière et la participation au culte et un temps de disponibilité pour les proches et pour les lointains, !

Bon été à toutes et à tous !

Christian Albecker, président de l’UEPAL

(*) À retrouver sur www.acteurs.uepal.fr
 

Édito infos CP : juin 2016

Résonnances séculières !

Dans quelques jours, il reviendra à Angel Maria Villar, président de la fédération espagnole et vice-président senior de l'UEFA, de déclarer ouvert l’Euro 2016. Ce faisant, il prononcera une parole performative, une parole qui en la prononçant, crée ce qu’elle énonce. Le langage biblique, dès la première page de l’Écriture, fait résonner une telle parole. « Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. ». La Bible énonce ainsi, comme premier principe de sa théologie, que Dieu est un Dieu qui parle et que sa Parole ne saurait être que performative. Plus poétiquement, mais toujours dans le même registre, Ésaïe proclamera « Comme la pluie et la neige descendent des cieux, Et n'y retournent pas Sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes, Sans avoir donné de la semence au semeur Et du pain à celui qui mange, ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli mes desseins. » (Esaïe 55,9-10)
Le Synode de l’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine, ce samedi 4 juin à Cosswiller, travaillant la question du “sola Fide“ – l’homme est sauvé par la foi seule – s’est laissé surprendre et interpeller par le caractère performatif de la confiance. En effet, dans une intervention remarquée, le philosophe Yann Hervé Martin, a mis en évidence plusieurs acceptions de la confiance, opposant notamment celle qu’il faut mériter à celle qui est donnée à priori. C’est à cette dernière qu’il reconnaît un caractère performatif. En effet, la confiance accordée a priori par l’enseignant à ses élèves est la condition de leur progrès. Celle offerte par un parent à son enfant crée les conditions de son grandir, le rend lui-même capable de confiance. Il ajoutait même que la confiance donnée comprend de faire un nécessaire retrait, laissant ainsi l’espace indispensable au grandir. Évoquant la figure du petit garçon, John Mohune – qui dans le film Les Contrebandiers de Moonfleet de Fritz Lang (1955) se fie à Jeremy Fox, brigand véreux qu’il pense être son père, et qui progressivement occasionne la fonte du cynisme de ce dernier – l’intervenant établissait la portée et le potentiel humanisant d’une confiance accordée. Une personne peut être transformée par la grâce de la foi.
Les parallèles avec certains énoncés théologiques, comme une évidence, sautent aux yeux. La confiance première de Dieu, offerte à tout être humain, son retrait pour déployer un espace de liberté devant celui à qui il voue un amour inconditionnel, sont les conditions d’une humanité capable d’aimer par-delà ses affinités.
L’interpellation, reçue par le Synode, réside dans la prise de conscience que l’intention louable de traduire en langage contemporain les principes et réflexions théologiques se traduisait aujourd’hui bien souvent par une forme de sécularisation de la théologie. L’affirmation du salut par la foi seule est la réponse Paulinienne mise en exergue par les réformateurs, à la question de la justice de l’humain devant Dieu. Les notions de péché, de perdition ayant aujourd’hui perdu leur sens originel et leur acuité, le langage théologique et le témoignage chrétien tendent à abandonner la dimension verticale au bénéfice d’une seule horizontalité. Que penser de cette sécularisation du discours théologique. L’abandon de la référence transcendante rend-t-elle le christianisme inaudible ? Quelle question pour nos Églises qui aujourd’hui énoncent comme première priorité la volonté de se ressaisir de leur vocation de porter le témoignage de l’Évangile.

Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL
 

Edito Infos CP avril : “De l’Art de douter et de croire“

Seule la foi permet de dépasser le vide du tombeau et d’accéder à une confiance qui défit la fatalité de la souffrance et la mort. Seule la foi sait reconnaître par-delà l’absence du corps, l’agir de Dieu qui a relevé des morts et élevé à lui celui que l’injustice des humains vouait à la perdition éternelle. Seule la foi sait inscrire au cœur de nos existences, cette espérance qui défie l’adversité de la vie humaine et, toujours à nouveau, sait nous relever, nous remettre en route, nous faire aller à la rencontre de Dieu et de nos frères et sœurs en humanité.
Dans les récits du matin de Pâques et les récits d’apparition du ressuscité, les Évangiles thématisent la naissance et l’accès à cette foi. Dans l’Évangile de Jean, très mystérieusement, à la seule vue du tombeau vide, il est dit que le disciple que Jésus aimait, cru ! Pour les autres disciples, femmes et hommes, l’accès à la foi se joue dans une rencontre, dans le fait d’être reconnu et appelé par son nom, et même dans une interpellation qui reconnaît et rejoint le doute – comme ce fut le cas de Thomas qui demandait à voir et à toucher pour croire le Christ vivant.
Nous vivons une époque du doute, peu encline à la confiance. La complexité du monde globalisé confronté à une crise économique, écologique et systémique dont on ne voit pas l’issue n’invite pas à la confiance. La difficulté de traduire dans une réelle politique d’accueil les valeurs fondatrices de l’Europe quand des femmes, des enfants et des hommes sont jetés sur les routes de l’exil par un conflit ravageur atteste une réelle crise du sens.
Comment vivre et traduire la foi du matin de Pâques en cette époque anxiogène où tout semble bouger en permanence et questionner en profondeur ? Comment attester la confiance en Dieu qui habite le cœur des chrétiens en une époque où beaucoup désespèrent ? Telle est la question que les lieux d’Église de l’EPRAL se posent dans le cadre de sa démarche préparatoire au prochain Synode sur le thème “Au défi de la confiance”.* Notre objectif, en revisitant la thématique du “sola fide” n’est pas d’aboutir à une nouvelle déclaration de foi, mais de nous interroger sur notre manière de vivre, d’exprimer et d’attester la foi aujourd’hui, dans ce monde où les humains plus que jamais aspirent à renouer avec la confiance, à traduire dans leur vie individuelle et collective ce qui fait sens.
Toutefois, n’opposons pas trop rapidement le doute à la croyance. Sébastien Castellion, figure de la Réforme dont le 500ème anniversaire de sa naissance est pratiquement passé inaperçu en 2015, dans un opuscule qui représente son testament spirituel et qui porte le magnifique titre “De l’art de douter et de croire, d’ignorer et de savoir” considère le doute, non comme une faiblesse de la croyance, mais un allié de la vérité et surtout comme le meilleur rempart contre l’intolérance. « Les hommes croient là où il faudrait douter tandis qu’ils doutent là où il faudrait croire. D’autre part, ils ont la rage de savoir les choses que non seulement ils ignorent, mais qu’ils ont le droit d’ignorer et ils ignorent des choses qu’il est de toute nécessité de savoir. »**
Souhaitons que les festivités commémoratives que nous préparons pour 2017, les rencontres, réflexions et célébrations qu’elles permettront, nous offrent de vivre, d’exprimer et d’attester la confiance qui nous est donnée.
Christian KRIEGER
Vice-Président de l’UEPAL

* voir le dossier synodal dans l'article ci-dessous
** Pour découvrir l’actualité de la pensée de Sébastien Castellion, voir le dossier préparatoire à la pastorale réformée en cliquant ici
 

Edito INFOS CP mai 2016 : Protestants 2017, 500 ans de Réformes

Le grand jubilé des 500 ans de la Réforme se prépare un peu partout dans le monde. La Fédération protestante de France a choisi de placer toute l’année 2017 sous le thème de « Vivre la fraternité ». Ce choix veut indiquer que cette commémoration n’a de sens que si nous en saisissons la portée pour aujourd’hui et la promesse pour demain. Le thème de la fraternité peut paraître bien large et peu profilé. Dans le contexte mondial dans lequel nous vivons, et sachant que 2017 sera aussi une année d’élections dans notre pays, avec des enjeux forts pour nos valeurs fondamentales, il prend cependant tout son relief et son sens.


Pour l’UEPAL, l’année jubilaire commencera le 28 octobre 2016* à Strasbourg, avec un culte et une table ronde. Les deux temps forts qui ponctureront 2017 sont d’une part l’« Itinéraire européen de la Réforme » qui s’arrêtera du 7 au 9 avril 2017 (week-end des Rameaux) à Strasbourg et « Protestants en Fête » du 27 au 29 octobre 2017, où la Fédération protestante de France convie ses Églises membres et ses œuvres autour du thème « Qu’as-tu fait de ton frère ? ». Le premier événement est lié au label « Strasbourg, cité européenne de la Réforme » accordé par la Communion d’Églises Protestantes en Europe (CEPE) en raison de la contribution décisive de Strasbourg à la Réforme. Installé sur la place Kléber, le dispositif itinérant, qui traversera 69 villes européennes, sera l’occasion de collecter des témoignages sur le sens de la Réforme aujourd’hui, avec des débats et tables rondes, en vue de l’exposition universelle de Wittenberg, ouverte de mai à septembre. Pour Protestants en Fête, nous attendons entre 15 et 20 000 personnes, avec études bibliques, débats, spectacles et culte final au Zénith, dans une optique résolument œcuménique et transfrontalière.


Durant toute l’année, les paroisses, œuvres et mouvements sont invités à proposer des manifestations se rattachant au fil rouge de « Vivre la fraternité ». Des moyens budgétaires seront affectés au soutien de ces projets, selon un cadre et des critères qui vous seront communiqués prochainement. Il y a quelques jours au Consistoire supérieur de l’EPCAAL, j’ai eu l’occasion d’inviter nos paroisses et lieux d’Église à s’inscrire dans une dynamique de « Renouveau 2017 ». Oui les temps sont durs, oui nous sommes toujours plus minoritaires dans un monde sécularisé, oui l’argent rentre difficilement, mais Luther n’a pas craint de proclamer haut et fort le message de la grâce, dans un contexte bien plus difficile que le nôtre. Alors, puisons, dans ce rappel de nos sources, l’énergie et la joie d’aller de l’avant, pour que 2017 ne soit pas un feu de paille qui brille un instant, mais un joyeux brasier qui réchauffe durablement !
En ce mois de Pentecôte précisément, le symbole de la flamme, évocation de l’Esprit Saint, nous invite à vivre l’Église comme un don de Dieu, bousculant nos lenteurs et nos tiédeurs. C’est bien d’Esprit Saint que nous avons besoin pour nous réveiller, pour sortir de nos peurs et de nos torpeurs, pour aborder l’avenir avec joie et confiance. Et je trouve très beau que les jeunes de l’UEPAL se retrouvent précisément en ce week-end de Pentecôte pour leur grand rassemblement bisannuel « La Parole est dans le pré ». Que l’Esprit souffle sur eux et nous entraîne vers l’espérance !


Christian ALBECKER, Président de l’UEPAL
(*) Date à confirmer
 


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