Editos INFOS CP

INFOS CP : avril 2017

« Le grain de blé tombé dans la terre doit mourir, sinon, il reste seul.
Mais s’il meurt, il donne beaucoup de grains. »

Jean 12, 24

Ce mois d’avril 2017 sera marqué par deux événements apparemment sans grand rapport : les chrétiens du monde entier fêteront Pâques, la résurrection du Christ, cœur et fondement de la foi chrétienne, et les français iront aux urnes pour élire un nouveau Président. Quel lien en effet ? J’en vois personnellement deux :

  • Le désarroi de nos compatriotes est palpable, tant la campagne électorale est déroutante et incertaine : qui choisir ? Entre la démagogie des uns, la tartufferie des autres, les repères traditionnels brouillés, à qui faire confiance ? Le premier parti de France, celui des abstentionnistes, risque à nouveau de gagner les élections… Cette dangereuse propension à ne pas vouloir regarder la réalité en face et à ne pas prendre le risque de s’engager est porteuse de gros risques. Le message de la résurrection peut alors nous inviter à dépasser nos peurs : Osons ! Risquons-nous à faire un choix, à faire confiance, car nous savons que ce choix est relatif, et que l’espérance de la vie plus forte que la mort nous permettra, quoi qu’il arrive, d’aller plus loin, de dépasser nos déceptions et nos désillusions.
  • La résurrection, le triomphe de la vie, n’est cependant pas une assurance-vie à laquelle il suffirait de souscrire pour voir s’envoler tous nos soucis. Le message du Christ est clair à ce sujet : « Le grain de blé tombé dans la terre doit mourir, sinon, il reste seul. Mais s’il meurt, il donne beaucoup de grains ». La résurrection suppose de passer par la nuit de la mort, Pâques est indissociablement lié au Vendredi Saint. Il nous faut réapprendre à accepter cette réalité de l’enfouissement et de la mort, pour nos vies personnelles, qui peuvent connaître l’échec et la souffrance, mais aussi pour notre vie collective, dans la société et dans l’Église. Renoncer à des modes de pensée et d’organisation inadaptés, accepter de remettre en cause des manières d’agir qui ne sont plus porteuses de vie et d’espoir : voilà quel devrait être le souci des partis et des hommes politiques qui prétendent conduire notre pays vers l’avenir, mais aussi de nous citoyens, comme de nous membres de l’Église, acteurs engagés de nos communautés ou simples paroissiens.

Acceptons donc de laisser mourir ce qui n’est plus porteur de vie, et soyons des témoins joyeux de la bouleversante nouveauté de Pâques : la mort est morte, vive la vie !

Christian Albecker, président de l’UEPAL
 

Infos CP : mars 2017

Question d’autorité !

Face au désolant spectacle que nous livre la politique depuis des semaines, nombreux sont les concitoyens, y compris parmi ceux qui comprennent la participation au scrutin comme un devoir républicain, à se dire désorientés et en panne de perspective devant les échéances à venir. Le spectacle médiatico-judiciaire que l’on nous propose quotidiennement ne suscite aucune adhésion, et ne parvient pas à favoriser l’émergence d’un débat portant sur un projet de société.

Dans un flyer “Politique : tous concernés, tous responsables”, l’UEPAL appelle les membres des deux Églises, et plus largement nos concitoyens, à se sentir responsables et acteurs de la démocratie, de la République et des orientations qu’il convient de donner à notre vie en société. Or être ou devenir acteurs, suppose une autorité constituante qui libère l’énergie « innovante, créative, et donne la force des commencements » (Michel Bertrand).

En 1954, cherchant à penser le désastre Nazi et le drame de la Shoah, Hannah Arendt écrivait que « l’autorité a disparu du monde moderne ». La politologue naturalisée américaine pouvait-elle seulement imaginer le caractère visionnaire de son propos, tant nous sommes pris dans une crise généralisée de l’autorité qui touche toutes les institutions qui ont vocation à structurer nos existences (famille, école, justice, État, Religion, entreprise, etc.).

Les racines de cette crise sont multiples : les dérives tragiques des pouvoirs autoritaires du XXe siècle ; la suspicion de toute instance censée incarner l’autorité qui en résulte ; la fragilisation des institutions jadis porteuses de sens et de vérité ; l’individualisme contemporain qui érige le subjectif au rang de norme ; la réticence générale à faire crédit à un autre que soi-même.

Or sans la confiance qui « accrédite » l’autorité, celle-ci en est réduite au seul exercice d’un pouvoir.
Les Chrétiens, et notamment les protestants, sont très sensibles à la question de l’autorité. Ils confessent dans l’Écriture sainte, la seule autorité en matière de foi et de vie d’Église. Si tous reconnaissent en Christ la clé de compréhension de l’Évangile et en Dieu l’autorité ultime, nous recevons sa Parole au moyen d’un texte à interpréter. Nous vivons le sola scriptura (autorité des Écritures) dans le contexte de la crise des autorités que je viens d’évoquer. Les Chrétiens et les Églises, dans leur lecture de la Bible, cherchent à se frayer un chemin de foi entre le néant d’un relativisme qui conteste toute vérité, et l’oppressante étroitesse du fondamentalisme qui veut imposer une seule vérité. Comment vivre l’autorité de cette parole à interpréter en Église ? Telle est la question que le Conseil Synodal et le Directoire confient aux lieux d’Église et se proposent de traiter lors du Synode et du Consistoire supérieur de juin prochain. Que ce questionnement nous permette également, s’il le faut, de réinvestir la responsabilité citoyenne de notre foi.


Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL
 

infos CP : février 2017

« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Jean 20,21

Ce verset, tiré du récit de l’apparition du Ressuscité aux disciples en l’absence de Thomas, a été commenté par la pasteure Antje Jackelen, archevêque de l’Église luthérienne de Suède, dans sa prédication du culte d’ouverture de la récente préassemblée « Europe » de la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM) à Höör en Suède. Cet envoi des disciples par le Christ ressuscité vient immédiatement après le verset 20 précédent : « Il leur montra ses mains et son côté ». Si l’envoi de Jésus par le Père s’est traduit par le rejet, la souffrance et la croix, les disciples ne doivent pas s’attendre à être traités mieux que leur maître. Cette « théologie de la croix » n’est pas dolorisme mais réalisme et confiance dans Celui qui a vaincu la mort. Elle nous invite à être des témoins courageux de la Bonne Nouvelle face aux faux dieux et aux faux prophètes qui prospèrent. En Europe, ces faux dieux s’appellent, entre autres, populisme, protectionnisme, ou « post-vérité ».

En ce début d’année jubilaire des 500 ans de la Réforme, la préassemblée de Höör a constitué une étape importante vers l’assemblée mondiale de la FLM en mai prochain à Windhoek en Namibie. Plus de 80 délégués des 3 régions européennes (Europe du Nord, de l’Est et de l’Ouest) ont travaillé pendant 4 jours sur le thème de l’Assemblée « Libérés par la grâce de Dieu ». Nous avons été invités à réfléchir en quoi les 3 sous-thèmes « Le salut n’est pas à vendre », « Les êtres humains ne sont pas à vendre » et « La création n’est pas à vendre » nous concernaient en Europe. Les situations historiques, économiques, sociologiques et religieuses des Églises luthériennes en Europe sont très différentes, entre la Russie, l’Islande ou l’Allemagne par exemple. Mais avec des accents différents, tous les délégués se sont retrouvés sur la nécessité de témoigner clairement de notre identité chrétienne dans nos sociétés sécularisées, tout en étant attentifs aux enjeux de société et aux risques de dérives pointés par Antje Jackelen.

L’UEPAL, qui est membre de la FLM, rejoint ainsi le souci des Églises luthériennes de ne pas limiter le jubilé à sa dimension mémorielle, mais de dire en quoi le message de la Réforme, celui de la grâce de Dieu qui libère, nous aide à vivre et à être témoins du Christ dans le monde d’aujourd’hui. Suivre le Christ est une invitation à la lucidité et à la vigilance qui nous vaudra peut-être opposition et rejet, mais c’est aussi une invitation à la confiance et à l’espérance, à la suite du Ressuscité, qui est vie et joie : « Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur ! » (Le même verset 20 qui évoque les plaies du crucifié !). C’est le sens que nous voulons donner aux très nombreuses manifestations qui se préparent pour 2017, en particulier les deux grandes étapes de notre cheminement jubilaire : la caravane de la Réforme du 7 au 9 avril 2017, et le rassemblement national « Protestants en fête » du 27 au 29 octobre 2017, à Strasbourg. Autour du mot d’ordre « Vivre la fraternité », je souhaite que nous nous mobilisions dans la vigilance, la confiance et l’espérance !

Christian Albecker, président de l’UEPAL

En savoir plus sur :
• La préassemblée de la FLM à Höor : https://www.lwfassembly.org/en/europe-pre-assembly ainsi que la rétrospective sur www.uepal.fr rubrique Rétrospective
• La Caravane de la Réforme, dans le cadre de l’Itinéraire européen : www.uepal-protestants2017.fr
• Protestants en fête 2017 : www.protestantsenfete.org
 

INFOS CP : JANVIER 2017

2017 !

Nous entrons dans cette nouvelle année, à la fois comme tout le monde et pourtant différemment. Comme tout le monde, nous échangeons des vœux et prenons des résolutions. Nous nous réjouissons des opportunités et perspectives heureuses qui se profilent, et sommes saisis d’inquiétudes devant certaines échéances. Nous nous apprêtons à relever les défis identifiables et nous tentons de mobiliser nos ressources pour donner, y compris dans les épreuves à vivre, le meilleur de nous-même.

Et pourtant, pour la famille protestante, 2017 a une saveur particulière. Les 500 ans de la Réforme confèrent à notre esprit un sentiment à la fois de reconnaissance et d’ébullition. Cette échéance nous mobilise, dans les paroisses, au niveau régional et national. L’organisation du grand rassemblement « Protestants en fête » à Strasbourg sur la thématique « Vivre la Fraternité », tout comme l’accueil de la caravane « Itinéraire européen de la Réforme » pour recueillir à travers l’Europe – et à Strasbourg début avril – le témoignage actuel des héritiers de la réforme, s’inscrivent résolument dans l’aujourd’hui. Loin de vouloir s’adonner à cette frénésie commémorative rivée à un glorieux passé, les Églises protestantes souhaitent avant tout, en se ressaisissant de leur héritage, vivre leur vocation au présent et porter leur regard vers demain. De ce fait, 2017 aura vocation à être protestante et œcuménique, fraternelle et interreligieuse ! Une année où résolument nous chercherons à écrire avec les plus belles couleurs les mots d’accueil, de confiance, de liberté, de responsabilité et de solidarité. Quel défi !

Dans cette perspective, le mot d’ordre de l’année résonne comme un encouragement. Parole énoncée par le prophète Ezéchiel durant des jours sombres du peuple d’Israël. Sous la domination babylonienne, les années glorieuses se réduisaient à un lointain passé. Le présent n’était que dispersion et fragilité, nostalgie et doute. Il se résumait à un de ces parcours du désert que l’on espère n’être qu’une traversée. Par la voix de son prophète, Dieu annonce à ceux qui se croyaient désormais insignifiants et en perdition dans le tourbillon des puissances du monde, la restitution d’une vie digne. « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau » … à cause de mon nom !

Elle a dû résonner cette parole ! Communiquer l’espérance de Son souffle aux enfants d’Israël ainsi déportés et dispersés. Elle a encore résonné durant la Shoah, pour les enfants d’Israël livrés à une haine antisémite effrénée. Voyant leur ruine arriver, cette parole prenait un gout d’éternité au cœur du tragique. Elle résonne de multiples manières au cœur des épreuves, notamment pour les personnes atteintes d’une fragilité cardiaque ou en attente d’un greffon.

Que ce mot d’ordre, cette parole d’espérance, nous accompagne et nous encourage en cette année élective et commémorative. Qu’elle nous communique Son souffle dans les mois à venir qui nous confronteront encore à ces nombreux défis humains, politiques, sociaux, ecclésiaux qui nous préoccupent déjà. Qu’elle vienne inscrire en notre cœur et nos esprits la conscience qu’en Christ Dieu a déjà donné, et nous donne encore, ce qu’inlassablement il attend de nous.


Christian Krieger, vice-président de l’UEPAL
 


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